Les Somnanbules. Été 1914 : comment l’Europe a marché vers la guerre.

Quatrième de couverture

« Le 28 juin 1914, dans Sarajevo écrasée de soleil, un certain Gavrilo Princip se réfugie à l’ombre d’un auvent pour guetter le cortège officiel de l’archiduc François-Ferdinand… Cinq semaines plus tard, le monde plonge dans une guerre qui entraînera la chute de trois empires, emportera des millions d’hommes et détruira une civilisation. Pourquoi l’Europe, apparemment prospère et rationnelle, était-elle devenue si vulnérable à l’impact d’un unique attentat perpétré à sa périphérie ? Quels formidables jeux d’alliances géopolitiques toujours fluctuantes et d’intérêts nationaux contradictoires se mêlaient-ils ? Quelles craintes ancestrales, quelles mythologies nationales animaient les opinions publiques et influencèrent les décisions des diplomates ? C’est ce que raconte cette fresque magistrale.
Multipliant les points de vue et faisant dialoguer avec brio études classiques et sources inédites (en anglais, allemand, français, bulgare, serbe et russe), Christopher Clark replace les Balkans au cœur de la crise la plus complexe de l’histoire moderne et en décrit minutieusement les rouages. Plus clairement que jamais, il montre que rien n’était écrit d’avance : l’Europe portait en elle les germes d’autres avenirs, sans doute moins terribles.
Mais de crise en crise, les personnages qui la gouvernaient, hantés par leurs songes et aveugles à la réalité des horreurs qu’ils allaient déchaîner, marchèrent vers le danger comme des somnambules. »

Les Somnanbules.

Biographie de l’auteur
Spécialiste de l’Europe centrale, Christopher Clark est né en 1960 à Sydney et enseigne l’histoire à l’université de Cambridge. Il est l’auteur d’une Histoire de la Prusse traduite en plusieurs langues et devenue un best-seller en Allemagne.

Traduit de l’anglais par Marie-Anne de Béru. Paru le : 28/08/2013.

******************************************************************************************************

Dans l’introduction du livre, l’auteur nous livre une réflexion intéressante sur les multiples problèmes de l’historien qui cherche à comprendre la genèse de la Première Guerre mondiale. Les sources sont surabondantes et à manipuler avec précaution.

Les nombreux volumes des dépêches diplomatiques publiés dans l’entre-deux-guerres par les États belligérants “trahissent un partie pris apologétique”. Ils ont  une valeur indéniable pour les chercheurs mais comportent des omissions tendancieuses qui n’en font pas des sources objectives.

Une autre source indispensable, les Mémoires des hommes d’État, et autres hauts responsables civils et militaires, est encore plus problématique. “Certains montrent des réticences frustrantes à parler de sujets d’intérêt crucial”, d’autres “se perdent en conjectures verbeuses, pompeuses, parfois mensongère” ou “contiennent plus de propagande que de révélations”.

Quand des historiens ont cherché à recueillir les témoignages des acteurs impliqués dans le crise internationale et le déclenchement du conflit, ils ont été frappés par l’incapacité à se remettre en cause, les défaillances de mémoire, les silences, les déclarations erronées ou enjolivées de nombre d’entre eux.

D’autres obstacles à la connaissance consiste en l’absence de traces écrites à certains échanges entre les acteurs ou à la perte de certains documents.

D’autres difficultés de compréhension proviennent de la structure exceptionnellement complexe de la crise de l’été 1914 qui combine  des interactions entre de multiples pays et où les processus de prise de décisions  manquent souvent de transparence.

Les caractéristiques des sources expliquent ainsi “l’extrême diversité d’interprétations sur le déclenchement du conflit” et la profusion des ouvrages sur “les origines de la Première Guerre mondiale”.

Christopher Clark termine l’introduction en pointant l’intérêt du sujet et l’optique dans laquelle il le traite : ” ce qui frappe le lecteur du XXIe siècle qui s’intéresse à la crise de l’été 1914, c’est sa modernité brutale. (…). Ce livre s’efforce donc de comprendre la crise de juillet 1914 comme un événement moderne, le plus complexe de notre époque, peut-être de tous les temps. Son propos est moins d’expliquer pourquoi la guerre a éclaté que comment on en est arrivé là.”

Source : Luc Fessemaz, Canopé Limoges.

*****************************************************************************************************

À l’occasion de la sortie de la traduction française  du livre Les Somnambules de Christopher Clark, la Maison Heinrich Heine, en coopération avec l’Institut historique allemand, a accueilli l’auteur australien le temps d’un débat modéré par l’historien Arndt Weinrich (IHA) sur « Les Somnambules, été 14 : comment l’Europe a marché vers la guerre », avec Nicolas Offenstadt, historien spécialiste de la Grande Guerre (Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et Georges-Henri Soutou, membre de l’Institut de France. 

Les Somnambules, un succès critique ? Un article de Nicolas Patin, Chargé de recherches à l’Institut historique allemand, publié le 17 Janvier 2014 sur le site de la Mission du Centenaire.

Pour lire  l’article :  http://centenaire.org/fr/espace-scientifique/colloquesseminaires/les-somnambules-ete-1914-comment-leurope-marche-vers-la