Dix romans sur la Grande Guerre

Une sélection de dix romans

” Comment raconter la guerre ? Dès 1915, les premiers romans apparaissent et présentent l’événement tragique comme une aventure, avec un souffle épique et un regard forcément manichéen. Mais cette vision n’est pas en adéquation avec ce que vivent les soldats au quotidien : c’est alors que des écrivains-combattants viennent raconter leur guerre, très différente de celle que l’arrière s’imagine. Après 1918, le spectacle des blessures physiques et psychiques causées par le conflit soulève l’horreur et le dégoût, ce qui donne un ton pessimiste, désabusé et désillusionné à la littérature de guerre. Les romans portant sur 1914-1918 sont très nombreux, faire un choix n’est donc pas facile, mais les dix retenus ici permettent de retracer l’évolution dans le temps de ce genre littéraire  et vous donnerons, on l’espère, l’envie d’aller voir de plus près. ”

Source : La Première Guerre mondiale pour les Nuls, Jean-Yves le Naour. Éditions First, 2008.

Pour en savoir plus : consulter le site de l’historien Jean-Yves Le Naour, spécialiste de la Première Guerre mondiale et de Histoire du XXe siècle.

http://www.jeanyveslenaour.com/

La liste des dix romans

(lire les descriptions dans le chapitre 26  p.291-296)

Gaspard, René Benjamin, 1915.

Le Feu, Henri Barbusse, 1916.

Les Croix de bois, Roland Dorgelès, 1919.

Orages d’acier, Ernst Jünger, 1920.

Le Diable au corps, Raymond Radiguet, 1923.

Force-Bonté, Bakary Diallo, 1926.

7°  Á l’ouest rien de nouveau, Erich Maria Remarque, 1928.

L’Adieu aux armes, Ernest Hemingway, 1929.

Voyage au bout de la nuit, Louis-Ferdinand Céline, 1932.

10° Les Âmes grises, Philippe Claudel, 2003.

Les éditions les plus récentes

René Benjamin

Gaspard, 1915.

Roman Gaspard 1915
Archipoche, 3 janv. 2014288 pages
Depuis les premiers jours d’août 1914, René Benjamin, jeune journaliste mobilisé en Lorraine, tient un carnet de « choses vues ». « Avec de l’eau plein nos chaussures et ma culotte, je me dis encore : il y a une page épatante à faire là-dessus », écrit-il à sa mère.
Dès mars 1915, ses notes fournissent la matière d’un feuilleton que publie Le Journal. Lorsque, après une blessure, Benjamin est rapatrié en Anjou, il décide de tirer de ces croquis un roman mettant en scène un Parisien truculent et hâbleur : Gaspard, qui compte rentrer du front « pour les vendanges », et que nous suivons en campagne, dans le train des blessés ou choyé par de jolies infirmières…
Couronné par le prix Goncourt 1915, le livre connaîtra un vif succès jusqu’à la fin 1916. Il apparaît alors que le conflit va s’éterniser : à Gaspard succéderont des œuvres plus noires : Le Feu de Barbusse, Ceux de 14 de Genevoix, Les Croix de bois de Dorgelès.
Gaspard est sans doute le premier roman inspiré par la mobilisation et par l’euphorie de l’été 1914, que caractérisaient « deux traits : l’élan charmant de cette race qui courut au feu ; puis la criminelle incurie de la plupart de ceux qui nous menèrent : politiques ou officiers. C’est le double sujet de mon livre, qui est un livre triste. On y rit ? Rien n’est plus triste que le rire dans le drame. »

Henri Barbusse

Le feu. Journal d’une escouade, 1916.

Roman Le Feu 1916
Collection Folio (n° 5660), Gallimard. Parution : 31-10-2013

Roland Dorgelès

Les Croix de bois, 1919.

Roman Les Croix de bois 1919._

8 septembre 2010 Le Livre de Poche (Livre 189)

Les Croix de bois, chef-d’œuvre de Roland Dorgelès, engagé volontaire, est un témoignage exceptionnel sur la Première Guerre mondiale.
Avec un réalisme parfois terrible mais toujours d’une généreuse humanité, la vie des tranchées nous est décrite dans toute son horreur et aussi sa bouffonnerie, son quotidien et ses moments d’exception.


Ernst Jünger