Dix films sur la Grande Guerre

La sélection des dix films

“Comme les rescapés de la Shoah, certain poilus ont pu soutenir que jamais on ne pourrait raconter ce qu’ils avaient vécu. Il est vrai que les mots, les chiffres et les descriptions peinent parfois à rendre compte du ressenti des individus… mais ce n’est pas le cas pour le cinéma qui suscite émotions et sentiments bien plus facilement qu’un récit historique. La dimension tragique de la guerre est évidemment une source d’inspiration de premier ordre pour le 7e art qui aborde le premier conflit mondial sous des angles différents, de comique burlesque façon Charlie Chaplin jusqu’à la profession de foi pacifiste de Joyeux Noël en passant par la fresque épique de Lawrence d’Arabie.”

Source : La Première Guerre mondiale pour les Nuls, Jean-Yves le Naour. Éditions First, 2008.

Pour en savoir plus : consulter le site de l’historien Jean-Yves Le Naour, spécialiste de la Première Guerre mondiale et de Histoire du XXe siècle.

http://www.jeanyveslenaour.com/

La liste des dix films

(lire les descriptions dans le chapitre 27  p.297-303)

Charlot soldat, Charlie Chaplin, 1918.

J’accuse, Abel Gance, 1919.

La Grande Illusion, Jean Renoir, 1937.

Les Sentiers de la gloire, Stanley Kubrick, 1957.

Lawrence d’Arabie, David Lean, 1962.

Johnny s’en va-t-en guerre, Dalton Trumbo, 1971.

La Vie et rien d’autre, Bertrand Tavernier, 1989.

La Chambre des officiers, François Dupeyron, 2001.

Un long dimanche de fiançailles, Jean-Pierre Jeunet, 2004.

10° Joyeux Noël, Christian Carion, 2005.

Références de dossiers pédagogiques sur les films

Charlot soldat, Charlie Chaplin, 1918.

Charlot soldat 1918

Dossier pédagogique conçu par Yves Legay pour le 19e festival du film d’histoire 1914-1919 la Guerre et la Paix,  à Pessac du 11 au 17 novembre 2008.

http://crdp.ac-bordeaux.fr/cddp33/Cinema/Festival_Pessac2008/Charlot%20soldat.pdf


 

J’accuse, Abel Gance, 1919.

2 j-accuse 1919

Résumé du film :  un réquisitoire contre la guerre

L’histoire tourne autour de trois personnages centraux : Jean, François et son épouse Édith, mariée par contrainte. Jean et Édith tombent amoureux pendant la guerre. Mais elle est emmenée, avec les autres femmes du village, par les Allemands qui les violent. Elle rentre chez elle. François est mort à la guerre et Jean est devenu fou (il a des visions : il voit des soldats et des cadavres qui reviennent à la vie). Il finit par mourir.

Pour lire la suite du dossier :

http://www.cndp.fr/pour-memoire/larmistice-du-11-novembre-1918/la-grande-guerre-sur-les-ecrans-de-cinema/jaccuse-dabel-gance/

Pour découvrir l’œuvre du réalisateur :

Abel Gance, cinéaste à l’œuvre cicatricielle, article de Laurent Véray, dans 1895, revue de l’association française de recherche sur le cinéma, p. 19-52.

http://1895.revues.org/54


 

La Grande Illusion, Jean Renoir, 1937.

La Grande illusion 1937

Résumé du film

Première Guerre mondiale. L’avion du capitaine de Boeldieu et du mécanicien Maréchal est abattu lors d’une opération de reconnaissance. Les deux soldats français sont faits prisonniers par le commandant von Rauffenstein, un Allemand raffiné et respectueux qui les accueille à sa table. Conduits dans un camp de prisonniers, ils aident leurs compagnons de chambrée à creuser un tunnel secret. Mais à la veille de leur évasion, les détenus sont transférés. Maréchal et de Boeldieu sont finalement emmenés dans une forteresse de haute sécurité dirigée par von Rauffenstein. Celui-ci traite les prisonniers avec courtoisie, se liant même d’amitié avec de Boeldieu. Mais les officiers français préparent une nouvelle évasion…

Source : Site de la Mission du Centenaire, publié le 11 septembre 2013.

Pour lire la suite :

http://centenaire.org/fr/autour-de-la-grande-guerre/cinema/la-grande-illusion-de-jean-renoir

Proposition d’exploitation pédagogique du film :

http://www.ia22.ac-rennes.fr/jahia/webdav/site/ia22/shared/Education%20artistique%20et%20culturelle/Coll%C3%A8ge%20et%20cin%C3%A9ma/2013-2014/exploitation%20p%C3%A9dagogique%20du%20film%20La%20grande%20illusion.pdf


 

Les Sentiers de la gloire, Stanley Kubrick, 1957.

Les Sentiers de la gloire 1957

Résumé du film

Lors de la guerre de 1914-1918, tandis que le conflit s’est enlisé depuis longtemps dans la guerre de tranchées, l’état-major français décide une offensive quasiment impossible sur la « colline aux fourmis ». Repoussé par le feu ennemi, le 701e régiment, commandé par le colonel Dax, doit se replier. Le général Mireau, chef de l’offensive, demande alors de traduire en conseil de guerre le régiment pour « lâcheté ». Malgré l’opposition de Dax, trois hommes tirés au sort seront condamnés à mort et exécutés. Dax avait entre-temps soumis au général Broulard, chef de l’état major, les preuves que le général Mireau avait fait tirer sur sa propre armée pendant l’attaque. Broulard révoque celui-ci et propose son poste à Dax en croyant que celui-ci avait agi par simple ambition. Dax refuse.

Pour en savoir plus

KAGAN Norman, Le Cinéma de Stanley Kubrick, L’Âge d’homme, 1979.
CIMENT Michel, Stanley Kubrick, Calmann-Lévy, 2001.

Sur le site CinéHig, un long texte suggère une utilisation du film de Kubrick dans le cadre du cours d’histoire.
www.cinehig.clionautes.org/
Un bref rappel des films qui ont pour cadre la guerre de 1914-1918.
www.ecrannoir.fr/

Source : CNDP, Les dossiers de Télédoc.

http://www2.cndp.fr/tice/teledoc/dossiers/dossier_sentiers.htm


 

Lawrence d’Arabie, David Lean, 1962.

Lawrence d'Arabie 1962

En 1916, pendant la Première Guerre mondiale, les Turcs persécutent les tribus arabes, soutenues par l’armée anglaise. Lawrence, un simple lieutenant, est envoyé en reconnaissance en Arabie. Peu à peu, il lève une armée et multiplie les victoires. Mais son rêve d’une nation arabe indépendante finit par inquiéter l’état-major britannique…

Sous les traits de Peter O’Toole, Lawrence d’Arabie est aussi mystérieux qu’une légende ancienne. Héros insolite, il incarne le rêve panarabe, toujours caressé, sans cesse compromis.

Comment ce soldat anglais peu gradé a-t-il pu acquérir une telle légitimité, dans une société qui n’était pas la sienne ? Comment a-t-il pu mettre en échec la redoutable armée turque, à la tête d’une poignée de Bédouins ? David Lean ne répond pas à ces questions. Il procède à une soigneuse reconstitution historique, et lui insuffle une dimension éperdument épique, incomparable. Contée comme une chanson de geste, l’aventure de Lawrence d’Arabie est une épopée amère, qui se termine par le renoncement et le dégoût. Le film est avant tout un univers. Celui du désert, immense, hostile. Et fascinant.

Source : Cécile Mury, Télérama.

En savoir plus :

 

Johnny s’en va-t-en guerre, Dalton Trumbo, 1971.

Johnny s'en vat-en guerre 1971

Dans le cadre de son cycle de films autour du centenaire de la Guerre de 14-18 ARTE diffuse ce soir à 22h30 (24 février 2014)  un long métrage exceptionnel à plus d’un titre : Johnny s’en va-t-en guerre (Johnny Got his Gun, 1971.) Le premier jour de la Première Guerre mondiale, un jeune engagé volontaire américain est grièvement blessé par un obus. Amputé des quatre membres, défiguré, aveugle, sourd et muet, il est cruellement maintenu en vie par les médecins. Il ne lui reste plus que son cerveau pour se souvenir et rêver.

 

Johnny s’en va-t-en guerre est l’unique film réalisé par le scénariste Dalton Trumbo, célèbre pour avoir été un des « dix d’Hollywood », victime du maccarthysme qui fut contraint après un séjour en prison de travailler plus de dix ans sous pseudonyme à Hollywood avant de pouvoir retrouver son vrai nom au générique d’un film (pour Exodus d’Otto Preminger et Spartacus de Stanley Kubrick.) En adaptant son propre roman (écrit en 1939) à l’écran, Trumbo signe un pamphlet antimilitariste et pacifiste – mais aussi un plaidoyer pour la mort assistée – rendu bouleversant par le sort atroce de son personnage principal, que le spectateur accompagne dans son calvaire grâce à une voix-off. La mise en scène de Trumbo fait alterner le noir et blanc et de la couleur et organise les multiples souvenirs et voyages mentaux de son protagoniste, dont une rencontre avec le Christ, interprété par Donald Sutherland. Luis Buñuel, grand admirateur du film à l’instar de Jean Renoir, fut également tenté d’adapter le roman avant que Trumbo ne le mette lui-même en scène. Johnny s’en va-t-en guerre, sélectionné de justesse au Festival de Cannes en 1971, y obtenait le Grand prix spécial du jury et le Prix de la Critique Internationale. Le réquisitoire de Trumbo contre l’absurdité de toutes les guerres trouvait un écho retentissant auprès des opposants à l’intervention américaine au Viêt Nam.

A noter : du 26 mars au 5 mai la Cinémathèque française proposera un cycle d’une soixantaine de titres autour du Centenaire de la Première Guerre mondiale, avec bien sûr les films proposés sur ARTE et bien d’autres chefs-d’œuvre et classiques de l’histoire du cinéma évoquant directement (La Grande Parade, Les Ailes, Pour l’exemple, Les Hommes contre, …) ou indirectement (La Chambre verte) ce conflit, avec une approche patriotique, belliciste ou au contraire pacifiste selon les pays ou les époques. Plus une table ronde sur le sujet.

Source : site d’Arte.


 

La Vie et rien d’autre, Bertrand Tavernier, 1989.

LaVie et rien d'autre 1989

Résumé du film

Après la guerre, le commandant Dellaphane (joué par Philippe Noiret) a pour mission de recenser les soldats disparus. Son travail est colossal et long car le nombre de soldats à identifier est énorme. Au fur et à mesure, le commandant désobéit à sa hiérarchie qui lui demande de trouver rapidement le corps d’un soldat inconnu afin de le déposer sous l’Arc de Triomphe et de cesser ainsi la recherche des soldats car son travail est jugé trop coûteux.

Première ressource :

http://www.cndp.fr/pour-memoire/larmistice-du-11-novembre-1918/la-grande-guerre-sur-les-ecrans-de-cinema/la-vie-et-rien-dautre-de-bertrand-tavernier/

La collection « Pour mémoire » a été conçue pour accompagner les enseignants et leurs élèves à l’occasion des commémorations, anniversaires et rendez-vous qui jalonnent l’année scolaire.

Les dossiers pédagogiques proposés font un point historiographique et scientifique sur un thème donné, et mettent à la disposition des professeurs des documents variés, souvent inédits, accompagnés d’un commentaire pédagogique argumenté.

Seconde ressource :

Mag film(*) propose un dossier pédagogique sur le film

http://www.cndp.fr/mag-film/films/la-vie-et-rien-dautre/le-film.html

(*) Une collection du CNDP avec des dossiers extraits de la collection Télédoc et de nouveaux dossiers pédagogiques sur des films et des thèmes destinés à accompagner les enseignants de toutes les disciplines dans l’utilisation du cinéma en classe.

Troisième ressource :

Le regard de Jean-François Jagielski sur le site du CRID 14-18

http://www.crid1418.org/espace_pedagogique/filmo/vie_rien_dautre.htm


 

La Chambre des officiers, François Dupeyron, 2001.

La Chambre-Des-Officiers 2001

Résumé du  film
En 1914, sur un quai de gare, les soldats partent en fanfare sur le front. Parmi eux, Adrien, un jeune officier. Quelques jours plus tard, il tombe sur le champ de bataille, blessé par un obus. Un long trajet cahoteux le conduit en camion à l’hôpital du Val-de-Grâce, où on le place dans la «chambre des officiers». Grièvement blessé au visage, Adrien réalise, lorsqu’il reprend connaissance, qu’il n’a plus ni dents ni palais. Bientôt, d’autres officiers arrivent, blessés eux aussi au visage. Soignés par un chirurgien dévoué avec l’aide d’une infirmière pleine d’abnégation, Anaïs, tous doivent surmonter l’horreur que leur inspire un visage en lequel ils ne se reconnaissent pas, et réapprendre à vivre…  Source : Télérama.
Première ressource :
Le regard de Benoît Coliou sur le site du CRID 14-18.

Seconde ressource :

Un exemple de travail en première S dans le cadre de la leçon sur le souvenir de la Grande Guerre.

http://www.cinehig.clionautes.org/spip.php?article203#.U6KqNvsQca9

Troisième ressource :

Un exemple de dossier sur le film réalisé par des élèves de l’académie de Grenoble.

http://www.ac-grenoble.fr/webcurie/pedagogie/histgeo/jpm_film/1S2_chambre-officiers.pdf


 

Un long dimanche de fiançailles, Jean-Pierre Jeunet, 2004.

Un long dimanche de fiançailles 2004

Résumé du  film

En 1919, Mathilde, une jeune handicapée, tente de retrouver son fiancé, Manech, disparu lors de la guerre qui vient de s’achever. Accusé de mutilation volontaire, Manech avait été abandonné, avec quatre autres soldats, en plein no man’s land. Tous les témoignages concordent : les cinq condamnés à mort ont bien été tués dans la journée qui a suivi. Mais Mathilde s’obstine. Elle est persuadée que Manech est encore en vie et explore toutes les pistes disponibles. Elle engage un détective privé du nom de Pire, qu’elle charge de retrouver tous les vétérans qui ont croisé la route du disparu. L’un d’eux, Célestin Poux, pourrait détenir des informations sur Manech…
Source : Télérama.
Ressource :
Le dossier du site Educiné (*)
http://www.educiné.org/educine/Un_long_dimanche/Entrees/2011/5/3_Un_long_dimanche…_,_une_autre_vision_de_la_guerre.html
(*) Site qui s’adresse aux enseignants, étudiants, lycéens, à tous ceux qui souhaitent voir s’affirmer et se développer, à tous les niveaux du système éducatif, la place du cinéma en tant qu’art, objet d’analyse et ouverture culturelle.

 

10° Joyeux Noël, Christian Carion, 2005.

Joyeux Noël, Christian Carion, 2005

Résumé du  film
1914, la déclaration de guerre jette des millions d’hommes dans la bataille. Nikolaus Sprink, un célèbre ténor de l’Opéra de Berlin, est mobilisé du côté allemand. Il laisse derrière lui sa maîtresse, la soprano danoise Anna Sörensen. En Ecosse, Jonathan et son frère William quittent leur village natal en compagnie du prêtre anglican de leur paroisse. Enfin, du côté français, le lieutenant Audebert, dont la femme est enceinte, est désigné pour rejoindre les tranchées. Le soir de Noël, Anna obtient du Kronprinz l’autorisation de rejoindre Nikolaus pour chanter avec lui devant les officiels. Le récital achevé, Nikolaus décide de retourner dans les tranchées, égayer la nuit de ses camarades de combat. A la faveur des chants de Noël, les belligérants fraternisent. Une trêve de Noël est décidée…  Source : Télérama.

Première ressource :

Le regard d’André Loez sur le site du CRID 14-18

http://www.crid1418.org/espace_pedagogique/filmo/joyeuxnoel_01.htm

Seconde ressource :

Un exemple d’exploitation pédagogique en classe de Troisième ou Première dans l’académie de Poitiers.

http://ww2.ac-poitiers.fr/hist_geo/spip.php?article305

Troisième ressource :

Notes de projection de Gilles Sabatier, professeur d’histoire-géographie de l’académie de Lyon.

http://cinehig.clionautes.org/spip.php?article192#.U6Kz3PsQca8

Quatrième ressource :

Une vidéo sur le site de l’INA

Reportage sur le film “Joyeux Noël” basé sur l’histoire de cette fraternisation entre soldats français et allemands lors du premier Noël de la guerre de 14-18. Les interviews du réalisateur Christian CARION, de Dany BOON et de l’historien Marc FERRO alternent avec des archives de la Première Guerre mondiale et des extraits de “Joyeux Noël”. Date : 05 nov. 2005 Durée : 03min 04s.

http://www.ina.fr/video/2958610001030