Le centenaire de la première bataille de la Marne

Peut-on parler de “miracle de la Marne” ?

” Victoire incontestable, la Marne fut bien, comme l’a jugé Pierre Renouvin, une victoire du commandement. Animées du plus ardent patriotisme, les armées des deux camps s’étaient battues avec un égal acharnement, subissant des pertes considérables. Mais les deux commandements n’avaient pas fait preuve de qualités égales. Du côté des Alliés, la maîtrise de Joffre, le coup d’œil de Gallieni, l’impétuosité de Foch, la volonté tenace de Sarrail, l’esprit de solidarité de French avaient permis d’élaborer et de faire triompher une manœuvre qui, en rendant aux troupes alliées l’initiative, relevait leur moral et ressuscitait leur mordant. Du côté des Allemands, au contraire, la discorde ne cessa de régner entre von Klück et Bülow, jaloux l’un comme l’autre, de chausser le premier les bottes de la victoire : ils coordonnèrent d’autant plus mal leurs mouvements que le généralissime resta à son G.Q.G de Luxembourg, chargeant un lieutenant-colonel de prendre, sur place et en son nom, les décisions que la situation pourrait commander. Ces circonstances furent à l’origine de maladresses tactiques si nombreuses qu’il est des historiens pour juger, qu’en fin de compte, la “victoire de la Marne” fut le fait du hasard. ”

Source : Marc Ferro, La Grande Guerre, 1914-1918. Éditions Gallimard, collection folio histoire, 1990, page 103.

” Une analyse plus approfondie de l’ensemble des journaux montre qu’ils ont dans l’ensemble montré une certaine prudence. Leur aspect resta terne, les journalistes exprimèrent leur satisfaction, mais avec des formules circonspectes. En fait plus que d’enthousiasme, ils donnent une impression de soulagement. Le Temps multiplie les réserves. Il ne faut pas confondre “une grande victoire” avec la “victoire”, écrivait-il le 15 septembre. (…)  Reste que le retournement de la situation fut si rapide et si inattendu que, par la suite, on a souvent parlé de miracle. En vérité, c’est seulement avec un décalage de quelques mois et non sans quelquefois une idée apologétique : on trouve le terme plutôt sous des plumes catholiques. De fait, il s’en était fallu de peu que la bataille de la Marne tourne autrement. ”

Source : Jean-Jacques Becker, L’année 14. Éditions Armand Colin Poche, 2013, pages 210-211.

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Sur le site de la Mission du centenaire :

 

12 septembre : la commémoration de la bataille de la Marne

La première bataille de la Marne est l’un des événements marquants de la “Grande Guerre des Français”. Le Centenaire sera l’occasion de rappeler une nouvelle fois la geste épique du “miracle de la Marne”. En cette période de rentrée des classes, une attention particulière sera porté à la transmission de la mémoire de la Grande Guerre aux jeunes scolaires.

http://centenaire.org/fr/en-france/champagne-ardenne/marne/12-septembre-la-commemoration-de-la-bataille-de-la-marne

 

La première bataille de la Marne

Des ressources pédagogiques (repères pour l’enseignant, documents, mise en œuvre pédagogique)  proposées par le CNDP pour le premier degré…

Missel du miracle de la Marne (édité par P. Mellottee, Limoges, 448 pages. Relié en cuir brun. Doré sur la tranche. Couverture illustrée de filets et rinceaux. Préface de l’abbé Coubé)

Maurice Genevoix, Sous Verdun, dans Ceux de 14, Paris, Flammarion, 1950, pp. 41-44.
Mobilisé comme sous-lieutenant au 106e R.I., Maurice Genevoix part avec son unité dans les premiers jours d’août1914. Il participe à la bataille des frontières et après avoir connu la retraite, mène avec ses hommes un combat défensif pendant la bataille de la Marne à la Vaux-Marie, près de Verdun.

Jean Galtier-Boissière ,La Fleur au fusil, Paris, Baudinière, 1928.
Jean Galtier-Boissière est un journaliste et écrivain né en 1871, et mort en 1966.
Mobilisé au 31eRI, il participe à la bataille de la Marne. Son récit, construit à partir d’un carnet de route bien tenu, est
l’un des meilleurs concernant le début de la guerre. Les extraits choisis révèlent la dureté des combats, et l’angoisse de la défaite qui marquait les soldats et l’ensemble de la société française au début du mois de septembre 1914.

http://centenaire.org/fr/espace-pedagogique/ressources-pedagogiques/premier-degre/la-premiere-bataille-de-la-marne

 

Dans les collections presse et périodiques de la Bnf : la bataille de la Marne

Une sélection commentée d’articles des journaux de l’époque consacrés à la bataille de la Marne…

http://centenaire.org/fr/tresors-darchives/fonds-publics/bibliotheques/archives/dans-les-collections-presse-et-periodiques–5

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Sur le site officiel de la France :

Le Centenaire de la première bataille de la Marne (6 au 12 septembre 1914)

taxis de la Marne © AFP

Photo datant du 05 septembre 1914, des centaines de taxis parisiens devant les Invalides à Paris. © AFP

Après la déclaration de guerre, le 3 août 1914, le plan du grand état-major allemand est simple : vaincre la France en six semaines, de façon à reporter tout l’effort de guerre contre la Russie. Mais alors que les Allemands envahissent la Belgique et le Nord-Est de la France, et s’apprêtent à une victoire rapide sur le front de l’Ouest, la première bataille de la Marne permet d’arrêter l’armée allemande qui se trouve alors à moins de 50 km de Paris, et la fait reculer jusqu’au Nord de l’Aisne.

http://www.france.fr/paris-et-ses-alentours/centenaire-de-la-premiere-bataille-de-la-marne-6-au-12-septembre-1914.html

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Bibliographie

La bataille de la Marne

Pierre Miquel (Auteur) – Essai (poche) Collections Tempus n°72, Éditions Perrin. Paru le 01/08/2004

La Bataille de la Marne, livre de Pierre Miquel 2004

La Marne est à la France ce que Tannenberg est aux Allemands, Stalingrad aux Russes, la bataille d’Angleterre pour les Anglais : une bataille d’arrêt où s’engagent toutes les forces d’une nation contre l’invasion. C’est pourquoi on parle du miracle de la Marne. Du 15 août au 5 septembre 1914, le bilan est de 250 000 morts, blessés et disparus. La France est envahie jusqu’à la Marne. Les soldats de Joffre font retraite depuis quinze jours. Le gouvernement est parti à Bordeaux. Trois armées allemandes marchent sur Paris. La guerre est perdue. Et c’est le miracle. Sur 245 kilomètres, de Meaux à Verdun, la résistance s’organise. Les civils aident les soldats, les soignent, les enterrent, renseignent, nourrissent, abritent, cachent. Et subissent les exactions, l’occupation, les bombardements, les incendies, les pillages, les massacres de chevaux. Cinq journées atroces, durant lesquelles les pantalons rouges prennent leur revanche, et gagnent. Le miracle, c’est leur courage et celui des populations. Les poilus de la Marne ont sauvé le pays. Ils ne savent pas qu’ils en ont encore pour quatre ans. Mais la France ne connaîtra plus d’invasion.