Les fusillés de la Grande Guerre du Limousin

Pour l’historien Antoine Prost, président du conseil scientifique de la Mission du centenaire de la première guerre mondiale, la mise en ligne des dossiers des fusillés, consultables sur le site Mémoire des hommes et au Musée de l’armée, permet la réintégration de ces hommes dans la mémoire nationale. Il explique dans un entretien donné au journal Le Monde combien « Il est très difficile de faire le tri entre les fusillés »

http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/10/31/antoine-prost-il-est-tres-difficile-de-faire-le-tri-entre-les-fusilles_4515057_3224.html

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La mise en ligne le 11 novembre 2014 de la base des fusillés de la Première Guerre mondiale

Base de données des militaires et civils fusillés en application d’une décision de la justice militaire ou exécutés sommairement durant la Première Guerre mondiale

Fruit d’un travail de dépouillement qui n’avait jamais été réalisé de manière systématique dans les archives des conseils de guerre, la base ici présentée permet de consulter intégralement les dossiers de procédure et les minutes de jugement conservés au Service historique de la Défense à Vincennes, pour chaque individu – militaire ou civil, français ou étranger – fusillé par la justice militaire française au cours du conflit, pour quel que motif que ce soit, aussi bien au front qu’à l’arrière.

Les 1008 fusillés et exécutés sommaires recensés, relèvent donc aussi bien de cas de désobéissance militaire que d’affaires d’espionnage ou de droit commun. Du fait des lacunes causées par les aléas de l’histoire, qui ont pu être en partie compensées par le fichier des militaires morts de la Première Guerre mondiale, tous les fusillés connus ne sont pas documentés.

La numérisation des archives des conseils  de guerre et leur mise en ligne répondent à la demande formulée par le Président de la République lors du lancement des commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale le 7 novembre 2013. Ce projet a par ailleurs reçu l’autorisation de la CNIL dans une délibération en date du 10 juillet 2014.

Source : site Mémoire des hommes.

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L’évolution du nombre de soldats fusillés pendant la Grande Guerre

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Pour aller plus loin dans l’étude des fusillés de la Grande Guerre, deux documents à télécharger :

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Les fusillés de la Grande Guerre du Limousin

Graphique les 19 fusillés de la GG du Limousin

 Téléchargez le fichier Excel des 19 fusillés du Limousin : Base des fusillés de la 1GM du Limousin

Dans la base des fusillés de la Première Guerre mondiale du du site Mémoire des hommes, en faisant une recherche par département, on recense 5 fusillé nés en Corrèze, 6 fusillés nés en Creuse et 8 fusillés nés en Haute-Vienne, soit un total de 19 fusillés pour le Limousin.

Cette comptabilité ne distingue pas les fusillés en fonction des motifs de leur exécution (pour l’exemple, désertion, espionnage, crime de droit commun). Pour les découvrir, il faut parcourir les dossiers des fusillés, mais ils ne sont pas toujours complets. On peut également retrouver les registres matricules auprès des Archives départementales (ils sont en ligne en Creuse et en Corrèze) et les actes de décès auprès de l’état civil des mairies (en utilisant les dates de transcription des actes).

Pour le Limousin, on retiendra que  quatre fusillés ont été officiellement réhabilités : il s’agit du caporal Antoine Morange et des soldats Félix Baudy et Jean Henri Prébost, fusillés pour l’exemple le 20 avril 1915 à Flirey-Manonville (ils étaient tous les trois maçons et syndicalistes de la CGT) , réhabilités par l’annulation du jugement de la cour spéciale de justice militaire le 29 juin 1934 ; et du sous-lieutenant Pierre Millant, fusillé pour l’exemple sans jugement le 16 juin 1916 à Fleury,  réhabilité par  l’ arrêt de la cour d’appel de Colmar du 20 mai 1926 ;

Le cas du soldat Léonard Leymarie, fusillé pour l’exemple le 12 décembre 1914 à Fontenoy est plus ambigu. Sur sa fiche figure “fusillé réhabilité” et son acte de décès comporte la mention “Mort pour la France”, cependant il n’y a pas de date officielle de réhabilitation car les demandes entreprises dans les années 1920 ont échoué. 94 ans jour pour jour après son exécution,  un hommage officiel  lui est rendu le 12 décembre 2008 au monument aux morts de Seilhac (commune de naissance) par l’inscription de son nom.

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Hommage à Jean-Henri Prébost, maçon creusois fusillé pour l’exemple

L’association Éclats de Rives propose, du 29 juillet au 16 août, une exposition consacrée à Jean-Henri Prébost, maçon creusois, qui fut fusillé pour l’exemple en avril 1915 avec trois autres de ses camarades, sur le front de Lorraine à Flirey.

L’exposition, composée de documents d’archives et de photographies anciennes et récentes, résultat d’un patient travail d’enquête, est installée à l’auberge de la Cascade.
Éclats de Rives, basée à Saint-Martin-Château où elle organise, entre autres activités, des événements festifs, est d’abord une association d’habitants. Se consacrant d’ordinaire à des sujets moins tragiques, ceux-ci ont choisi cette année de faire revivre la mémoire d’un enfant oublié du pays, dont les traces s’étaient perdues en dépit d’une réhabilitation posthume par la justice militaire en 1934.

Une plaque commémorative à la mémoire de Jean-Henri Prébost sera posée dimanche 28 juillet à 18 heures, sur la place de la Mairie. Le même jour à 21 heures, Éclats de Rives projettera le film de Stanley Kubrick : « Les sentiers de la gloire » au cinéma de Peyrat-le-Château.

Source : article du site de La Montagne.fr, Limousin > Creuse > Saint-Martin-Château 26/07/13.

Exposition Jean-Henri Prébost, maçon creusois fusillé pour l’exemple au théâtre de l’Union à Limoges le samedi 15 novembre 2014

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Adresse : 20 Rue Des Coopérateurs – 87000 Limoges

Bibliographie et sitographie

  • Article paru dans 1914-1918, Auvergne-Limousin, hors-série de la Montagne et du Populaire du Centre, novembre 2013 : “Deux creusois fusillés pour l’exemple en 1915” page 92.
  • Site mémoire dédié au 63e Régiment d’infanterie de ligne 1914-1918 : http://www.faurillon.com/Flirey.htm

3 pensées sur “Les fusillés de la Grande Guerre du Limousin

  • 30 mai 2016 à 08:21
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    Corrézien d’adoption (Spontour commune de Soursac 19550), j’ai attendu un age avancé pour enfin “intégrer” que mon Arrière Grand-Père, tout petit agriculteur, avait fait Verdun – Enterré 2 fois ; gazé une fois ; pensionné à 100% et addict au “petit” vin rouge mais le plus brave Homme que j’ai jamais connu… J’avais onze ans lorsqu’il décéda, vouté, grande moustache, tout de noir vêtu… Je pense sans cesse à lui ; il était l’idole de mon Père et ns allions le voir au moins une fois par mois… J’ai tout découvert – ou presque – avec Daniel MERMET, lettres de poilus et Gentioux <>. Depuis, je n’ai de cesse de penser et de photographier à tous ces noms sur nos monuments…

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  • 31 octobre 2016 à 11:28
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    Le sujet des fusillés est de première importance. L’armée française tue elle-même ses soldats, l’on sait dans quelles conditions. Bravo pour vos travaux.

    Je regrette beaucoup un titre comme “Les fusillés de la grande guerre”, que l’on trouve même sur Mémoire des Hommes.

    En effet, dans la grande guerre, des soldats, des civils, ont été fusillés, après procès par l’armée allemande, souvent pour des faits de résistance. C’est le cas de mon grand-père Louis Busson fusillé à Sedan le 13/7/1916.

    Ceux-là sont totalement oubliés! niés par votre titre.

    Si vous le souhaitez, je peux vous communiquer plus d’informations concernant les Ardennes.

    Bien cordialement

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    • 31 octobre 2016 à 20:18
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      Le sujet des fusillés est d’un traitement très sensible. Je n’ai fait que que reprendre les informations officielles du site Mémoire des Hommes en les analysant au niveau du Limousin. Ces informations ne portent que sur des militaires fusillés par l’armée française. Le titre de l’article ne fait que synthétiser son contenu, sans l’expliciter totalement pour ne pas être trop long. Pour ma part, il n’y avait aucune volonté d’oubli et encore moins de négation, mais le cas des Français fusillés par l’armée allemande doit être dissocié et analysé par ailleurs.
      Bien cordialement

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