Le bi-mensuel Limoges-Illustré et la Grande Guerre, du 1er au 15 janvier 1915

Sélection des nouvelles locales en rapport avec la Grande Guerre de la première quinzaine de janvier 1915

Limoges illlustré 1er-15 janvier 1915

QUINZAINE LIMOUSINE

La direction et l’administration de Limoges Illustré présentent aux abonnés et aux lecteurs leurs vœux ardents pour leur contentement et leur bonheur en cette année 1915 qui, hélas! ne s’annonce pas bien belle pour un grand nombre de Français.

Animés du même esprit et de la même espérance que leurs compagnons de la réserve et de l’active, nos territoriaux du 89e, plus mûrs, mais aux ardeurs ralenties par l’âge, ont fait preuve sur le front, durant ces derniers mois, d’une grande vigueur et d’un esprit hautement patriotique. Aussi l’ordre du jour de félicitations qui leur a été adressé n’est-il qu’un juste hommage rendu à leur courage.

Un nouvel hôpital, destiné à remplacer les hôpitaux installés dans les casernes de Limoges — évacués pour permettre de loger les soldats récemment incorporés de la classe 1915—a été créé à l’école du Pont-Neuf, rue d’Auzette. Deux cents lits sont déjà occupés par des blessés et des convalescents. Les habitants des quartiers voisins ont prodigué les dons à cet hôpital, accomplissant ainsi un louable devoir de solidarité. (…)

MORTS AU CHAMP D’HONNEUR (Liste de décembre1914) – Le capitaine Arsène Berger, cité à l’ordre du jour, fils de M. Berger, directeur honoraire des contributions directes et neveu de M. Elie Berger, professeur honoraire de rhétorique au lycée de Limoges ; M. Louis Thomas, caporal-fourrier au 211e d’infanterie, de Verneuil-sur-Vienne ; M. François Trapinaud, du 9e d’infanterie, de Limoges ; M. Jean Penaud, du 211e, de Glanges ; M. Lucien Bailer, du 4e génie, de Limoges ; M. Jean Anglard, du groupe cycliste, de Limoges ; M. Gaston Hodeau, du 138e de Saint-Laurent-sur-Gorre ; M. Emile Dunègre, du groupe cycliste, de Limoges ; le sous-lieutenant Adrien Sylvain, du 107e de Limoges ; l’adjudant-chef Victor Rouffignac, du 2e zouaves, de Razès ; les deux frères Joseph et André Labesse, respectivement des 211e et 100e d’infanterie, du Vigen ; le lieutenant Léon Cordonnier, du 1er tirailleurs algériens, neveu du général Deffontaines (tué dès le début des hostilités), ancien élève de l’école Montalembert ; M. Paul Challiès, caporal au 296e, de Limoges ; M. Jean Régnier, caporal au 209e, de Limoges ; M. Louis Michaud, du 24e d’infanterie, de Limoges; M. René Lemasson, du 126e, de Limoges M. Jean-Baptiste Bouchemousse, du 89e territorial, de Limoges ; le commandant Guy de Selve de Saran, du 78e ,beau-frère de M. Henri de Labrouhe de Laborderie ; M. Henri Bournazaud, du 63e, de Limoges ; M. J.-B. Goudoud, du 4e génie, de Feytiat; le commandant Quilliet, du 1er zouaves, de Limoges ; M. Jean Delage, du 63e, d’Eyjeaux ; M. François Ribierre, du 250e, de Limoges, neveu du sympathique receveur municipal, M. Reynaud ; M. Eugène Courvoisier, du 63e, de Saint-Gence ; M. André Rousset, caporal au 138e, de Limoges ; M. Pierre Peynichou, du 107e, d’Aixe-sur-Vienne ; M. André Terrier, du 63e, de Limoges ; M. Louis Villetelle, du 138e, de Linards ; le sergent-major Pierre Soumagnas du 89e territorial, de Châteauneuf-la-Forêt ; M. Louis Mouline, du 89e territorial, de Limoges ; M. Pierre Faye, du 42e d’infanterie, entrepreneur à Limoges ; M. Paul Vialle, brigadier au 20e dragons, de Limoges ; M. Albert Ferrand, instituteur à Linards ; M. Récochet, professeur d’allemand au de Limoges ; le sergent Pierre Aymard du 89e territorial, de Saint-Jouvent ; M. J-B Boutet, du 12e dragons, de Limoges ; le sous-lieutenant Henri-Paul Gorceix, du 27e d’infanterie, de Limoges ; M. Pierre Biarnais, du 263e, de Panazol ; M. Michel Barthélémy, caporal au 89e territorial, de Limoges ; M. Théophile Taboury, soldat au 89e territorial, de Limoges ; M. Louis Lamand, du 144e, de Saint-Léonard; M. Jean Gaillard, sergent-fourrier au 21e d’infanterie, de Bellac; le capitaine F. Nebout, du 63e d’infanterie, de Limoges ; M. Robert Roux, de Droux, soldat, au 238e ; le capitaine René de Montlevier-Reynac, du 138e ,chevalier de la Légion d’honneur ; le lieutenant Antonin Lalue, du 7e colonial, de Magnac-Laval ; le lieutenant Nepveu, du 7e d’infanterie, mort en Allemagne des suites de ses blessures, fils du sympathique professeur de mathématiques au lycée de Limoges ; M. Jules Raymond, caporal au 89e territorial, de Limoges ; M. Alexandre Valbousquet, caporal au 278e, d’Isle ; M. François Concher, du 2e zouaves, de Feytiat ; l’adjudant Louis Bouchard, du 138e ,de Bellac ; M. René Mazurier, fils de M. Mazurier, maire et conseiller général de Châteauponsac ; M. Louis Codet, sous-lieutenant au 90e territorial, ancien député de Rochechouart et fils de M. Jean Codet, sénateur de la Haute-Vienne.

Les jeunes soldats de la classe 1915 ont été incorporés les 17 et 18 décembre 1914. Environ 1200 ont été affectés par le recrutement au 63e d’infanterie, un très petit nombre a été versé dans les régiments de cavalerie. Les opérations du conseil de révision pour la formation de la classe 1916 s’effectueront dans le département de la Haute-Vienne du 4 au 28 janvier 1915.

Malgré le temps affreux qu’il a fait le dimanche 20 décembre, la vente des petits drapeaux belges a été très fructueuse à Limoges, grâce au dévouement des charmantes petites filles qui ont affronté tout le jour la pluie et le vent pour offrir le noble emblème belge qui, selon l’expression de Maeterlinck, « a palpité comme un symbole d’amour et de reconnaissance dans toutes les mains françaises.»

Le jeudi soir 24 décembre a eu lieu, au Cirque municipal, la fête en l’honneur des réfugiés de la Belgique et des départements envahis et de leurs enfants. Il y eut distribution de jouets, de friandises. Un superbe concert suivit au cours duquel d’excellents artistes improvisés obtinrent des applaudissements mérités. Une représentation cinématographique termina la fête fort bien réussie, qui fut comme un salut sympathique de notre ville hospitalière aux malheureux émigrés. (…)

Le conseil municipal de Limoges, dans sa séance du 4 décembre, a décidé de supprimer les fêtes de Noël qui se tiennent sur la place de la République en raison des circonstances actuelles. Il a également arrêté définitivement le budget communal pour l’exercice 1915. (…)

L’usage s’est maintenant établi d’une façon définitive d’accompagner au cimetière de Louyat les convois des soldats décédés dans les hôpitaux de Limoges des suites de leurs blessures. Un piquet d’honneur escorte les cercueils. C’est un devoir patriotique à accomplir que de rendre ce suprême hommage à ceux qui sont morts pour leur pays.

On a évacué le mois dernier de la caserne de Beaupuy les prisonniers allemands qui s’y trouvaient depuis assez longtemps, pour les diriger vers le Midi. Parmi eux était le prince Carolath, dont le séjour à Limoges défraya la chronique humoristique. Au moment du départ il réclama, vainement d’ailleurs, une voiture pour se rendre à la gare. Alors il prit la tête de la colonne d’un air dépité. (…)

P. LIMOGEOIS.

Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France