La carte des Morts pour la France de Tulle

L’élaboration de la carte des Morts pour la France de Tulle a nécessité plusieurs semaines de travail de saisie et de vérification des données, de recherche de ressources complémentaires. Il en résulte un produit complexe, mais que chacun peut parcourir à sa guise en fonction de ses centres d’intérêt. La carte donne une vision d’ensemble des lieux de décès des militaires originaires de Tulle, mais elle peut être utilisée à différents niveaux. On peut imaginer s’en servir pour reconstituer des parcours individuels, en s’appuyant sur les registres matricules disponibles en ligne auprès des archives départementales de la Corrèze, de même que sur les journaux des marches et opérations et les historiques régimentaires disponibles en ligne auprès du site Mémoire des hommes. Dans une optique plus collective,  les différents lieux de décès ont été reliés afin de suivre dans le temps les principales batailles et opérations de la Grande Guerre où les militaires originaires de Tulle sont tombés.  Il est également proposé de suivre le parcours du 100e régiment d’infanterie de Tulle depuis son départ pour le front le 8 août 1914, jusqu’à l’armistice du 11 novembre 1918. Les différentes étapes de ce parcours sont illustrées par des extraits de l’Historique et des JMO du régiment.

La carte des Morts pour la France de Tulle s’inscrit dans le prolongement du Portrait statistique des Morts pour la France de Tulle, présent sur le site La Grande Guerre et le Limousin sous la forme d’un diaporama synthétique et d’un article détaillé. La carte comporte trois calques qui permettent différentes approches.

Premier calque : les lieux de décès des Morts pour la France de Tulle

Le calque principal est  composé des 387 lieux de décès des 648 Morts pour la France de Tulle. Il fournit une approche géographique des décès, à condition de bien choisir l’échelle d’analyse. En effet, la carte Google se présente à l’ouverture à l’échelle de l’Europe et à ce niveau elle est pratiquement illisible : la France est couverte par un nuage de repères, particulièrement dense dans sa partie Nord et Est ; on peut cependant deviner que la France de l’arrière comporte des repères symbolisés par une croix blanche sur fond rouge et observer quelques décès en dehors du territoire national associés à des repères de différentes couleurs. En reprenant les données du Portrait statistique, on peut rappeler que 56 Morts pour la France de Tulle sont décédés dans des pays étrangers, dont une majorité en Belgique. A l’échelle de l’Europe, les lieux de décès en Belgique ne sont pas visibles, par contre on distingue les autres lieux de décès : Italie, Allemagne, mer Méditerranée, Balkans, Russie (lieu aujourd’hui en Ukraine).

Pour pouvoir lire la carte, il faut d’abord en comprendre la légende. Les repères se distinguent en fonction du genre de mort, critère qui apparaît sur les fiches individuelles des Morts pour la France. Les repères les plus nombreux concernent les morts au combat qui regroupent les “tués à l’ennemi” et les “disparus” à partir d’une hiérarchie de couleurs : les lieux en blanc comportent 1 ou 2 morts, les lieux en jaune 3 ou 4 morts, les lieux en orange 5 à 9 morts, les lieux en rouge 10 à 19 morts, les lieux en rouge foncé 20 à 29 morts (à chaque fois il s’agit du total des morts en un lieu de 1914 à 1919). La seconde catégorie de repères concerne les morts à l’arrière décédés de “blessures de guerre” ou de “maladies contractées dans le cadre du service”, il peut s’agir d’ambulances situées quelques kilomètres à l’arrière du front ou d’hôpitaux plus éloignés. Les repères de cette catégorie sont symbolisés par une croix sur fond rouge : une croix blanche représente 1 à 2 morts, une croix jaune 3 à 4 morts, une croix orange 5 à 9 morts, une croix saumon 10 à 19 morts. Il y a également quelques repères particuliers: la croix de la multiplication sur fond gris désigne les lieux associés à des morts par accident (le plus tragique est celui de Saint-Michel-de-Maurienne), deux repères en bleu désignent les morts en mer, et deux repères en noir désigne les morts en captivité en Allemagne.

Si vous zoomez à l’échelle de la France (avec la molette de la souris ou avec le curseur à droite de la carte), vous pouvez observer qu’il y a eu des morts à l’arrière dans des hôpitaux répartis sur une grande partie du territoire. Le repère de la ville de Tulle se distingue par une croix saumon sur fond rouge, et si vous cliquez sur le repère, vous découvrez que 13 militaires de Tulle (cela représente 2% des Morts pour la France de Tulle) ont pu être rapatriés dans leur ville d’origine et y sont décédés entre le 14 septembre 1914 et le 16 février 1919.

D’une façon générale, tous les repères de la carte avec une * fournissent des liens vers des ressources en ligne et ceux avec deux ** fournissent en plus le tableau statistique des Morts pour la France de Tulle du département concerné. Il est donc conseillé de zoomer au niveau d’un département pour bénéficier d’une échelle lisible et renseignée (Le graphique ci-dessous rappelle les départements les plus meurtriers, vous pouvez taper le code du département dans le moteur de recherche de la carte, et déplacer la carte avec un clic gauche sur la main).

Graphique Lieux de décès - Version 2 mai 2015

A titre d’exemple, le département de la Marne qui est le plus meurtrier avec 141 Morts pour la France de Tulle, compte 63 lieux de décès (la liste est consultable dans le tableau Excel feuille 4, disponible plus bas dans l’article en téléchargement ). La ferme détruite de Beauséjour se distingue par son repère rouge, c’est le lieu le plus sanglant du département pour les tullistes qui y enregistrent 12 morts de septembre 1914 à mars 1917. Plusieurs autres lieux associés à des repères oranges ou jaunes se situent à proximité de la ligne de front établie à partir d’octobre 1914 (tracé en noir disponible dans le second calque de la carte) : d’est en ouest on relève La Harazée, Maisons-de-Champagne, Minaucourt, Tahure, Perthe-les-Hurlus, Souain, le moulin et la ferme des Wacques, Saint-Hilaire-le-Grand et les faubourgs de la ville de Reims (le bombardement de la cathédrale, le 19 septembre 1914, provoquera un important émoi dans le pays). En arrière de la ligne de front on va trouver des lieux où vont décéder les soldats blessés et malades, dans la Marne on peut citer Mourmelon-le-Grand, Châlons-sur-Marne, Sainte-Menehould. Plus au sud dans le département, on note que Vitry-le-François est aussi un lieu de morts au combat… Sur les cinq morts du lieu, quatre sont morts dans la poursuite des armées allemandes qui se déroule après la bataille de la Marne, dans la seconde quinzaine de septembre 1914. On est encore dans la phase de la guerre de mouvement qui va se terminer dans cette partie du front début octobre.

On pourrait poursuivre la visite de la carte en passant en revue les différents départements de la ligne de front, puis se déplacer vers ceux de l’arrière, et enfin parcourir les neuf pays étrangers et les deux lieux en mer qui comportent des Morts pour la France de Tulle. Chaque lieu mériterait une explication, mais dans cette première approche ouverte, on laisse la liberté au lecteur de construire son propre parcours et de s’informer sur les lieux de décès à travers les ressources associées.

► Pour disposer de l’ensemble des informations du premier calque, vous pouvez télécharger la liste des 387 lieux de décès avec leurs descriptions (document PDF de 32 pages)

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► Pour accompagner la visite de la carte, vous pouvez également consulter le tableau statistique des 648 morts de Tulle classés : en fonction des départements et de l’ordre alphabétique des lieux de décès (feuille 1) ; en fonction des départements et de l’ordre chronologique des décès (feuille 2) ; en fonction des armes et des régiments. La feuille 4 indique la répartition des 397 lieux dans les départements français et les pays étrangers, et ceux qui ont des ressources numériques associées (indication avec des *). La feuille 5 indique les reclassements géographiques effectués entre la version 1 (janvier 2015) et la version 2 (mai 2015) du tableau statistique.

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Second calque : batailles et opérations associées aux Morts pour la France de Tulle

Dans cette seconde approche, le lecteur est invité à suivre un parcours chronologique qui relie des lieux de décès à une bataille donnée (1). Le second calque propose 24 étapes que l’on peut visualiser seules ou en combinaison avec le premier calque (il suffit de cocher ou décocher les calques pour en disposer ou non). Les lieux de décès des Morts de Tulle associés à une bataille, et donc à une période, sont reliés par des lignes  (parfois des polygones quand les lignes se rejoignent) qui se distinguent par des couleurs différentes en fonction des années.

(1) ” Quant à la Grande Guerre, nous persistons en effet à user du terme de “bataille” pour qualifier un type d’événement guerrier qui, en fait , ne répond plus le moins du monde à la définition de la bataille admise jusque-là”. Article de l’Encyclopédie de la Grande Guerre:  Les batailles de la Grande Guerre, Gerd Krumeich et Stéphane Audouin-Rouzeau. Édition du Centenaire, page 284.

Les trois premières étapes du parcours chronologique concernent la bataille des frontières. Du 19 au 22 août 1914, dans le cadre d’offensives menées par les armées françaises, des soldats de Tulle sont tombés en Alsace-Lorraine (batailles de Morhange et de Sarrebourg), en Ardenne belge (combats d’Izel), en Sambre-et-Meuse.

L’étape suivante concerne la Grande retraite qui se déroule du 24 août au 4 septembre 1914 : on retrouve des Morts de Tulle des Ardennes, fin août (Carignan, Raucourt, Yoncq, La Besace) à la Marne, début septembre (Sommepy et Souain).

La cinquième étape concerne la première bataille de la Marne qui se déroule du 5 au 12 septembre 1914. Les soldats de Tulle appartenant à la 4e armée française du général de Langle de Cary sont engagés dans la bataille de Vitry-le-François et sont tombés au sud de cette ville (Saint-Ouen, Petites-Perthes, Frignicourt, Thiéblemont-Farémont).

La sixième étape montre qu’après la Marne, les armées allemandes ne sont pas vaincues, la bataille de Flirey du 19 septembre au 11 octobre 1914, va leur permettre de constituer le saillant de Saint-Mihiel et de stabiliser la ligne de front dans cette région en creusant les premières tranchées.

La ligne de front en octobre 1914 (tracé en noir sur la carte long de 729 km), montre combien le saillant de Saint-Mihiel est une position stratégique pour les Allemands qui fragilise l’approvisionnement de la place forte de Verdun en coupant la voie Verdun-Nancy.

Avec le blocage de la ligne de front à l’est de la Marne, s’engage la course à la mer, dernière phase de la guerre de mouvement. En ce qui concerne les soldats de Tulle, on peut en suivre les évolutions dans l’Aisne et dans le Pas-de-Calais en septembre et octobre 1914 (8e étape). La bataille des Flandres en novembre-décembre 1914 (9e étape) termine la phase de la course à la mer. La ligne de front rejoint alors la mer du nord au-dessus de Nieuport, et la guerre de position va s’installer jusqu’au printemps 1918.

De 1915 à 1917 vont se succéder une série d’offensives de la part des armées françaises et britanniques, dans l’espoir d’obtenir une véritable percée. Elles auront toutes pour résultat des gains territoriaux dérisoires, au prix de pertes humaines monstrueuses (2). Le tribut payé par les soldats de Tulle témoigne de l’importance du carnage.

(2) ” Il nous paraît particulièrement intéressant de relever que cette “mort de la bataille” – ou à tout le moins cette mutation complète du phénomène – a elle même partie liée avec l’extraordinaire radicalisation de la violence de guerre à laquelle on assiste à cette occasion L’intensité du feu donne en effet une supériorité écrasante à la défensive sur l’offensive et, en empêchant le mouvement, empêche aussi la bataille”. Article de l’Encyclopédie de la Grande Guerre:  Les batailles de la Grande Guerre, Gerd Krumeich et Stéphane Audouin-Rouzeau. Édition du Centenaire, page 291.

On retrouve des Morts de Tulle lors de la première bataille de Champagne du 14 décembre 1914 au 19 mars 1915 (10e étape), et quelques kilomètres plus au nord on repère la seconde bataille de Champagne du 25 septembre au 6 octobre 1915 (prise de Tahure le dernier jour de l’offensive) (13e étape). La seconde bataille de l’Artois se déroule du 9 mai au 25 juin 1915 (12e étape), et la troisième bataille de l’Artois du 25 septembre au 4 novembre 1915 (14e étape). Le Portrait statistique rappelle que le 25 septembre 1915, premier jour de l’offensive d’automne, fut le jour le plus meurtrier de la Grande Guerre pour les soldats de Tulle avec 29 morts, dont 16 à Neuville-Saint-Vaast dans le Pas-de-Calais.

Les soldats de Tulle ont également subi des pertes lors d’offensives allemandes, comme la deuxième bataille d’Ypres en Belgique du 22 avril au 24 mai 1915  (11e étape), et surtout lors de l’immense bataille de Verdun du 21 février au 19 décembre 1916 (15e étape). Sur les dix mois de combats, l’enfer de Verdun se solde par 37 Morts de Tulle (environ 6% des 648 morts ; feuille 2 du tableau statistique).

Il y aura encore de nombreux morts à la bataille du Chemin des Dames du 16 avril au 24 octobre 1917 (16e étape), et lors de la deuxième bataille de Verdun du 20 août au 18 septembre 1917 (17e étape). L’échec sanglant de l’offensive Nivelle, dès les premiers jours des combats, sera à l’origine des mutineries du printemps 1917.

 Suite à la sortie de la guerre de la Russie révolutionnaire, les alliés doivent faire face à la vaste offensive allemande du Printemps du 21 mars au 18 juillet 1918 (18e étape). La guerre de mouvement reprend, en témoigne le vaste polygone des morts de Tulle (en bleu foncé sur la carte) dont les limites s’approchent des villes de Compiègne, Villers-Cotterêts et Château-Thierry. La seconde bataille de la Marne du 15 au 20 juillet 1918 (19e étape), est la dernière grande offensive allemande de la guerre, et elle se solde par un échec.

La contre-offensive alliée du 18 juillet au 6 août 1918 (étape 20), et l‘offensive des Cent-Jours du 8 août au 11 novembre (étape 21) sont marquées par l’implication décisive des troupes américaines et l’utilisation des chars d’assaut. La progression dans la libération du territoire français peut se lire à travers le déplacement vers le nord-est des lieux de décès des soldats de Tulle. Le 19 juillet 1918, on repère un mort à Courchamps dans le sud de l’Aisne, alors que le 5 août 1918, à une cinquantaine de kilomètres, un autre soldat est tombé à Mont-Notre-Dame. Dans les dernières semaines du conflit, on observe dans l’Aisne, un mort à Laon le 17 octobre 1918 et un mort (des suites de blessures) à Guise le 11 novembre 1918 ; dans les Ardennes, on comptabilise un mort à Villers-Semeuse le 25 octobre 1918 et un mort à Saint-Quentin-le-Petit le 31 octobre 1918. La ligne de front à l’Armistice du 11 novembre 1918 (tracé en noir sur la carte long de 338 km) montre l’ampleur du terrain reconquis des Flandres en Belgique au saillant de Saint-Mihiel.

Les deux dernières étapes proposées concernent deux autres fronts moins connus : le front d’Orient et le front italien.

Le front d’Orient (23e étape) est évoqué à travers le parcours du 176e régiment d’infanterie que l’on peut suivre depuis son débarquement dans la presqu’île de Gallipoli en mai 1915, jusqu’à son passage à Salonique et ses combats en Macédoine en octobre-novembre 1915. Il est possible de découvrir les évolutions du front dans les Balkans de 1916 à 1918, en suivant les lieux de décès en Albanie, en Serbie et en Bulgarie, de soldats de Tulle appartenant à divers régiments. Les combats vont même se prolonger bien après l’Armistice du 11 novembre 1918, car on peut noter la présence d’un mort de Tulle à Berezivska (petite ville aujourdhui en Ukraine), le 18 mars 1919, face à l’armée bolchévique.

Vers le front italien de novembre 1917 à novembre 1918 (24e étape) permet de suivre les voies d’accès des renforts français (depuis Vintimille ou Modane) en direction des lieux de décès de trois soldats de Tulle (Pastrengo, Monte Tomba, Asiago). Le parcours permet également de s’informer sur la catastrophe ferroviaire de Saint-Michel-de-Maurienne, dans la nuit du 12-13 décembre 1917. Le déraillement d’un train de permissionnaires de  retour du front italien a fait près de 700 morts, dont une cinquantaine originaires du Limousin (on compte un mort originaire de Tulle).

► Pour disposer de l’ensemble des informations du second calque, vous pouvez télécharger la liste des 24 étapes avec leurs descriptions (document PDF de 4 pages). 

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Troisième calque: le parcours du 100e régiment d’infanterie de Tulle

Il est proposé de suivre les différentes étapes dans la Grande Guerre du 100e régiment d’infanterie de Tulle, depuis sa mobilisation et son départ pour le front le 8 août 1914, jusqu’à son dernier engagement armé qui s’achève le 28 octobre 1918. Cela concerne directement 62 des 648 Morts pour la France de Tulle (presque 10%).

100e RI - 62 MPF de Tulle

► Pour plus de détails sur les 62 Morts pour la France de Tulle du 100e RI, téléchargez le tableau Excel qui comporte en plus quatre autres indicateurs tirés des registres matricules en ligne auprès des Archives départementales de la Corrèze : la profession, la taille, le degré d’instruction au moment du recrutement, ainsi que le calcul de la durée de campagne.

Le 100e régiment d’infanterie n’est pas passé sur tous les fronts, mais son parcours est représentatif des multiples déplacements et combats endurés par les fantassins pendant les 52 mois du conflit. A chaque étape, une description est proposée, fondée le plus souvent sur des extraits des Journaux de Marches et Opérations ou de l’Historique du régiment.

Les deux premiers mois du conflit, qui correspondent à la guerre de mouvement, sont parmi les plus meurtriers. En août 1914, on compte 10 morts, dont 4 à Izel en Belgique le 21 août  ; et 6 dans les Ardennes du 25 au 28 août, lors de la grande retraite. Le mois de septembre 1914 enregistre 15 morts, dont 5 au Moulin des Wacques le 20-21 septembre, lors de la phase de poursuite des armées allemandes.

La guerre des tranchées fait également des victimes (3) au gré des offensives dans lesquelles le régiment est engagé. On notera 10 morts en avril 1915, dont 9 au Bois d’Ailly dans la Meuse du 24 au 26 avril, lors d’une des multiples tentatives pour réduire le saillant de Saint-Mihiel. Il y aura encore 6 morts en septembre 1915, dont 4 du 25 au 28 septembre, dans le cadre de la seconde bataille de Champagne (Saint-Thomas et Servon) et de la troisième bataille d’Artois (le Labyrinthe).

(3) ” 1915 sera après 1914 la plus meurtrière année de la guerre” (Duroselle) : 31 000 morts par mois en moyenne , soit 370 000 en tout pour l’année 1915, contre 60 000 morts par mois en 1914. Article de l’Encyclopédie de la Grande Guerre:  Les batailles de la Grande Guerre, Gerd Krumeich et Stéphane Audouin-Rouzeau. Édition du Centenaire, page 288.

L’année 1916 ne compte que 3 morts, dont 2 dans le secteur de Vého en Meurthe-et-Moselle. L’année 1917 est la moins meurtrière, elle ne compte que 2 morts. Un soldat de Tulle du 100e RI est tombé dans le secteur de Verdun à la cote 378, le 2 janvier 1917.

Avec la reprise de la guerre de mouvement, l’année 1918 comporte 7 morts. Le 100e RI participe plusieurs mois à la défense de Reims, il en résulte 4 morts dans le secteur, entre le 24 novembre 1917 et le 1er juin 1918. Le dernier tué à l’ennemi originaire de Tulle est tombé dans le secteur de Vouziers (Ardennes), le 18 octobre 1918. Il y aura encore par la suite 3 morts pour maladie, dont 2 décédés à l’hôpital mixte de Tulle après l’Armistice, le 27 novembre 1918 et le 4 février 1919.

 Nombre mensuel de MPF de Tulle du 100e RI► Pour disposer de l’ensemble des informations du troisième calque, vous pouvez télécharger la liste des 69 étapes du parcours du 100e RI de Tulle avec leurs descriptions (document PDF de 8 pages).

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Pour conclure, il faut retenir que les JMO et l’Historique du 100e régiment de Tulle donnent une vision de la Grande Guerre centrée sur les faits militaires saisis dans l’instant. Pour élargir le récit, il faut se tourner vers des témoignages individuels qui traitent de l’ensemble des conditions de vie et de mort du soldat pendant la Grande Guerre.

Concernant le 100e RI, le site chtimiste.com propose le carnet de route 1914-1918 du sergent Léon Lebret et le journal du 1ère classe Jean Marie Marchegay.

Dans une perspective pédagogique beaucoup plus large, on retiendra deux ressources du réseau Canopé sur la Grande Guerre : le DVD Maurice Genevoix, l’expérience combattante, qui contient un entretien avec l’écrivain et des extraits de son livre Ceux de 14 ; l’ouvrage 50 activités autour de la Grande Guerre, qui en deux tomes fait un tour très complet de toutes les thématiques liées au sujet.

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► Pour vérifier vos connaissances sur les lieux de décès, les batailles, et le parcours du 100e RI, complétez les 20 questions du Quiz sur la Carte des Morts pour la France de Tulle.

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