Mémoires de jeunesse

Génération perdue

Mémoire de jeunesse

C’est l’histoire d’une génération fauchée par la Grande Guerre. Mémoires de jeunesse, le premier film de fiction du documentariste de la BBC James Kent est fondé sur le best-seller de Vera Brittain publié en 1933, Testament of youth, et sur sa correspondance de guerre publiée par son biographe Mark Bostridge, consultant sur le film, sous le titre : Letters from a lost generation : First World war letters of Vera Brittain and four friends (« Lettres d’une génération perdue : lettres de la Première Guerre mondiale entre Vera Brittain et quatre amis »).

La destinée de Vera Brittain (1893-1970) fut exceptionnelle. Après avoir intégré le Somerville College à Oxford, elle ne se doutait pas qu’elle contribuerait comme infirmière à l’effort de guerre dans le programme Voluntary Aid Detachment, et consacrerait le reste de sa vie à militer en faveur du pacifisme dans le cadre de son métier d’écrivaine tout en étant conférencière à la Société des nations.

Vera Brittain est interprétée par la bouleversante Alicia Vikander. Nous suivons ses années de jeunesse heureuse dans la campagne anglaise avant le désastre. Dans la haute société britannique, les femmes ne travaillent pas et se préparent au mariage. Mais Vera finit par faire plier son industriel de père (Dominic West) et arrive à Oxford en octobre 1914, deux mois avant le déclenchement  des hostilités. Son frère Edward (Taron Egerton) s’engage en compagnie du jeune poète Roland Leighton (Kit Harington), le grand amour de Vera, et de son ami d’enfance Victor Richardson (Colin Morgan). Vera partira à son tour pour la guerre au cours de l’été 1915 comme infirmière… En 1921, elle fera partie des premières femmes diplômées d’Oxford. « Ce qui m’a plu dans ce projet, dit le cinéaste à propos de ce très beau film, c’est qu’il s’adresse aussi à la jeune génération actuelle qui, tout comme celle de Vera, se sent abandonnée par ses aînés. Certes, cela n’est pas comparable à la Première Guerre mondiale, mais il existe toujours un vrai gouffre entre les générations. »

Source : article de François Quenin paru le 29 septembre 2015 dans Témoignage Chrétien.

Mémoires de jeunesse, de James Kent, 2 h 10, en salles.