La liste des Limougeauds Morts pour la France

Conférence de presse : 14/18 Hommage à nos morts

Mairie de Limoges, mercredi 26 octobre, 11h

Dans le cadre des commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale, et après deux ans de travaux de recherches, la ville de Limoges rend hommage aux soldats de Limoges disparus pendant la Grande Guerre. Ainsi, la liste des 3003 soldats tués au front est désormais consultable sur le site internet de la ville www.ville-limoges.fr. La ville souhaite ensuite créer un mémorial faisant apparaître les noms de ces soldats permettant enfin la reconnaissance de ces enfants de Limoges Morts pour la France. Source : dossier de presse.

affiche-hommage-a-nos-morts

Les vidéos de 7ALimoges sur les 3003 Morts pour la France de Limoges

 

►Retrouvez sur le site du Populaire du Centre l’article : La ville de Limoges a recensé le nom des Limougeauds tombés pour la France entre 1914 et 1919

Télécharger (PDF, 3.36MB)

Intervention de Luc Fessemaz, Canopé de Limoges

Introduction : l’origine du projet

[► Diapositive 1] À l’origine de ce travail, il y a la rencontre entre le projet de la ville de Limoges de dresser la liste des soldats décédés lors de la Première Guerre mondiale et le projet du Canopé de

[► Diapositive 2] l’Académie de Limoges construit autour du site La Grande Guerre et le Limousin et qui comporte un important volet statistique sur les  Morts pour la France.

La phase d’élaboration de la liste

[► Diapositive 3] Dans un premier temps, une longue phase de collecte et de recoupement  des données a permis de dresser la liste des 3003 Morts pour la France de Limoges fondée sur le croisement de deux critères : la naissance à Limoges et/ou la transcription du décès à Limoges.

L’exploitation de la liste

[►Diapositive 4] Dans un second temps, il m’a paru important d’en proposer une exploitation dans une perspective statistique, cartographique et pédagogique. Il en résulte cinq ressources : un portrait statistique sous la forme d’un texte et d’un diaporama, une carte interactive sur les lieux de décès et deux questionnaires pédagogiques.

Le portrait statistique

[► Diapositive 5] Le portrait statistique  repose sur l’étude de douze indicateurs figurants sur les fiches individuelles des Morts pour la France du site Mémoire des hommes du ministère de la Défense.  Dans sa  version détaillée, un texte présente une analyse descriptive de chaque indicateur ;  dans sa version synthétique, un diaporama présente les indicateurs à travers des graphiques et des cartes.

Je vous propose quelques illustrations des indicateurs les plus significatifs.

[► Diapositive 6] Pour ce qui est des dates de décès, on retiendra que l’année 1914 est la plus meurtrière avec plus du quart des Morts de la Grande Guerre, en seulement 5 mois de conflit. Cela n’efface pas les pertes des autres années : l’année 1915 est de celle de l’échec des grandes offensives en Artois et en Champagne ; l’année 1916, celle des batailles de Verdun et de la Somme ; l’année 1917, la moins meurtrière, est cependant marquée par l’échec du Chemin des Dames ; l’année 1918 cumule les pertes liée à l’offensive allemande de printemps puis la contre-offensive alliée qui mène à la victoire.

[► Diapositive 7] Une analyse plus fine des statistiques  montre que le mois de septembre 1914 est le plus sanglant avec 300 Morts (10% de l’ensemble des Morts et cinq fois plus que la moyenne mensuelle du conflit). Derrière ces chiffres il y a l’impact de la bataille de la Marne et de la poursuite des armées allemandes. Par contre, il faut retenir le 28 août  1914 comme jour le plus noir avec 132 Morts en une seule journée, au moment de la Grande retraite des armées françaises.

[► Diapositive 8] Au niveau de l’âge au décès, on observe qu’il s’étale de 17 à 61 ans, mais que la plupart des Morts se concentrent entre 20 et 33 ans, avec un maximum de décès à 21 ans.

[► Diapositive 9] Les statistiques montrent que les MPF de Limoges se dispersent dans de très nombreux régiments (à titre indicatif, l’armée française compte près de 200 régiments d’active et plus de 170 régiments de réserve en 1915). Cependant 20 régiments rassemblent plus du tiers des pertes (37%). Il s’agit quasi exclusivement de régiments d’infanterie, la plupart casernés à Limoges (en particulier le 63e et le 78e RI), en Limousin ou dans la France du sud-ouest.

[► Diapositive 10] Le genre de mort est essentiel dans les fiches individuelles, car il détermine l’attribution de la mention Mort pour la France pour ceux qui sont décédés dans le cadre du service. Au niveau national, on recense près de 1,3 million de militaires décédés avec la mention.  Les soldats de Limoges sont  bien sûr d’abord morts au combat : « tués à l’ennemi » ou disparus dans les 2/3 des cas. Mais tous ne pas morts directement sur le champ de bataille, les autres sont décédés blessés ou malades, à proximité du front ou dans des hôpitaux de l’arrière.

La carte et les questionnaires pédagogiques

[► Diapositive 11] En dehors du Portrait statistique, un autre type de ressource permet de visualiser dans l’espace et dans le temps les Morts pour la France de Limoges : il s’agit d’une carte interactive élaborée avec l’outil Google Maps et qui comporte neuf calques.

[► Diapositive 12] Les six premiers  calques permettent de visualiser séparément ou simultanément  les Morts de l’année 1914 à l’année 1919. À titre illustratif, on retrouve sur le calque de l’année 1914, les 776 Morts classés en fonction du genre de mort. On réalise que la plupart sont tombés sur la ligne de front, mais on perçoit également la dispersion des Morts dans les villes de l’arrière. En cliquant sur chaque repère nominatif, on retrouve la fiche individuelle du soldat avec les 12 indicateurs et des liens sur l’historique du lieu et l’historique de son régiment.

[► Diapositive 13]  un septième calque présente les 1087 lieux de décès, à l’évidence,  ils se concentrent en France (91% des Morts), et principalement sur la dizaine de départements qui constituent la ligne de front. Mais il ne faut pas oublier les 9% de Morts dans les pays étrangers : en Belgique principalement, sur les autres fronts d’Orient et d’Italie,  et pour quelques cas ceux qui sont morts en captivité en Allemagne ou en mer.

Un huitième calque propose un parcours chronologique des principales batailles et opérations en 44 étapes. Les lieux de décès sont ainsi reliés à leur contexte historique.

Pour être complet, je signale qu’un neuvième calque est consacré au parcours du 63e RI de Limoges, en tant que premier régiment concerné par la liste.

[► Diapositive 14] Après avoir pris connaissance du Portait statistique et de la Carte, vous pouvez vérifier ce que vous en avez mémorisé en remplissant deux questionnaires pédagogiques. Ils comportent chacun 20 questions à choix multiples,  avec un corrigé précisant les réponses justes et les réponses fausses.

Esquisse d’un portrait-type

[► Diapositive 15] Au terme de cette, présentation, il est difficile de dresser le portrait-type du Mort pour la France de Limoges, car au-delà des grandes proportions et tendances que permettent de dégager l’analyse statistique, c’est la diversité qui l’emporte.

Diversité des identités civiles car on compte près de 2000 noms différents  et  près de 160 prénoms différents dans la liste.

Diversité des années de naissance et des âges au décès,  même si  les deux classes les plus frappées sont celles de 1913 et 1914, c’est-à-dire des jeunes soldats d’un peu plus de 20 ans.

Diversité des années de décès, même si c’est l’année 1914 qui est la plus meurtrière (un quart des Morts)

Il y a cependant des faits majoritaires pour 7 indicateurs.

Compte tenu des deux critères constitutifs de la liste, il est logique de retrouver 62% de soldats nés à Limoges et 84% ayant Limoges comme lieu de résidence au décès.

Du côté des lieux de décès, on a vu et qu’ils sont décédés surtout en France (9 Morts sur dix).

L’indicateur du centre de recrutement est lié au domicile du soldat à l’âge de 20 ans quand il est appelé pour effectuer son service militaire : en toute logique, le centre de Limoges rassemble près de 8 soldats sur 10.

En ce qui concerne les régiments et les grades, l’immense majorité des décès se concentre sur l’infanterie (85%) et concerne des soldats de seconde classe (68%).

Enfin, ils sont d’abord morts au combat (2 Morts sur trois)

Conclusion : apports et limites de  la démarche

L’énumération de toutes ces données statistiques apporte une froide vision de ce que fut la Grande Guerre, mais elle n’épuise pas le sujet. Au-delà du vertige des chiffres,  il faut lire les témoignages des soldats, les historiques régimentaires, les ouvrages des historiens, il faut visualiser les images et les films de l’époque, pour tenter de s’approcher du destin tragique de tous ces hommes.

Au final, je suis convaincu que l’ensemble des ressources sur les Limougeauds Morts pour la France en 14-18, mises à  la disposition du public sur le site de la ville de Limoges comme sur le site de Canopé, contribueront à une meilleure connaissance de ces générations sacrifiées et à leur inscription durable dans la mémoire collective.