Les Morts pour la France de Limoges

Portrait statistique des Morts pour la France de Limoges

pendant la Grande Guerre (1914-1919)

Cet article se propose de dresser le portrait statistique des 3003 Morts pour la France de Limoges à partir des informations contenues dans la liste dressée par les Archives Municipales de Limoges. Il s’agit essentiellement d’une analyse descriptive conduite à partir de douze indicateurs présents sur les fiches individuelles des Morts pour la France que l’on trouve sur le site Mémoire des hommes du ministère de la défense.

[1] Le classement des Morts pour la France de Limoges selon le nom

Un siècle après la Grande Guerre, se souvenir de ceux qui sont décédés lors de ce conflit, c’est d’abord leur donner un nom. Dans les petites communes, les noms sont gravés à jamais sur le monument aux morts, ce qui n’est pas le cas de villes plus importantes comme Limoges ou Tulle. D’où l’importance du travail mené par les Archives municipales de ces villes pour dresser cette liste de noms qui répond au devoir de mémoire.

Dans la liste des 3003 Morts pour la France de Limoges, on compte 1961 noms différents. 1476 noms figurent une seule fois (49% des Morts) et 485 noms (51% des Morts) figurent de deux à dix-sept fois (graphique 1). Ces statistiques traduisent la grande diversité du stock des noms en France par rapport à de nombreux autres pays. Cette diversité est cependant moindre que celle que l’on peut observer aujourd’hui, car la liste porte sur des générations nées à la fin du XIXe siècle, époque où l’effet des migrations de population au niveau national ou international reste encore faible dans un département comme la Haute-Vienne. Parmi les 9 soldats nés à l’étranger, seulement deux ont un nom à consonance étrangère : Korngut (né en Autriche) et Canellakis (né en Grèce). On note que cinq noms Thomas, Dupuy, Faure, Faucher, Texier, apparaissent de douze à dix-sept fois dans la liste, il s’agit de patronymes très courants dans le département. On remarque également la présence de noms typiquement haut-viennois comme Nouhaud (9 fois), Laplaud (4 fois), Boulesteix et Lathière (seulement 2 fois) (1).

(1) Article Patronymes et toponymes courants en Limousin : un déterminisme géographique. Auteur : Joselito Mancuso – Insee Limousin, novembre 2007.

Graphique 1

MPF Limoges Graphique 1

Source : Canopé de l’académie de Limoges, janvier 2016.

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[2] Le classement des Morts pour la France de Limoges selon les prénoms

Le prénom est le second marqueur d’identité pour une personne. Sur les monuments aux morts ne figurent parfois que l’initiale du prénom d’usage, par contre sur les fiches individuelles des Morts pour la France, on trouve l’ensemble des prénoms dans l’ordre de l’état civil. La majorité des Morts pour la France de Limoges s’inscrit encore dans ce que la sociologie des prénoms (2) appelle le modèle classique caractérisé par un prénom unique transmis par parrainage (3). On compte 1692 Morts avec un seul prénom (56%) et 1311 Morts avec deux à cinq prénoms.

Graphique 2.0

MPF Limoges Graphique 2-0

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Les premiers prénoms

Pour les premiers prénoms, les 3003 Morts mobilisent un stock de 158 prénoms. Dans ce stock de premiers prénoms, la concentration est forte car les dix prénoms les plus fréquents rassemblent 59% des Morts (4). Deux prénoms se détachent : Jean est nettement en première position (482 Morts ; 16,1%), Pierre vient en seconde position (314 Morts ; 10,4%). Plus loin dans le classement, on trouve Joseph (8e position) et André (10e position). Ces premiers prénoms correspondent aux grands prénoms chrétiens qui se sont imposés en France à partir du XIIIe siècle. Il y a également des prénoms royaux comme François (3e position, prénom doté de saints patrons importants), Louis (4e position seulement alors qu’il est le premier prénom en France sur la période 1890-1899), et Henri (6e position, ce prénom ne bénéficiant pas d’un saint patron important n’a pas été courant avant la fin du XIXe siècle). On retiendra enfin la présence de prénoms typiquement limousins avec Léonard (5e position), son diminutif Léon (7e position), et Martial (9e position) (5). A l’inverse ne figurent pas dans ce classement les prénoms de Marcel, Georges, Paul et Émile situés de la 5e à la 10e position dans le classement des dix premiers prénoms masculins en France sur la période 1890-1899 (3).

Notes :

(2) Sociologie des prénoms, Baptiste Coulmont, collection Repères, Éditions La Découverte, octobre 2014.

(3) La Cote des prénoms (ouvrage annuel), Philippe Besnard, Guy Desplanques, Éditions Balland.

(4) De Jean à Théo, de Marie à Léa : un siècle de prénoms. Auteur : Joselito Mancuso – Insee Limousin, novembre 2005.

L’article montre que le stock des prénoms a quadruplé en Limousin en un siècle : ” Jusqu’à la fin des années 1940, la palette des prénoms attribués oscillait entre 200 et 300 prénoms pour les femmes, et entre 150 et 200 prénoms pour les hommes. (…) Au début du siècle dernier, les dix prénoms les plus fréquemment attribués représentent plus de la moitié des naissances. Aujourd’hui, seulement un nouveau-né sur cinq porte l’un des dix prénoms les plus couramment donnés aux enfants.”

(5) Léonard, Marie, Jean et les autres : les prénoms en Limousin depuis un millénaire [par] Louis Perouas, Bernadette Barrière, Jean Boutier, Jean-Claude Peyronnet, Jean Tricard et le groupe Rencontre des historiens du Limousin. Éditions du Centre national de la recherche scientifique, 1984.

Graphique 2.1

MPF Limoges Graphique 2-1

Source : Canopé de l’académie de Limoges, janvier 2016.

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Les deuxièmes prénoms

1311 Morts pour la France de Limoges (44%) ont un deuxième prénom et mobilisent un stock de 150 prénoms. Dans ce stock de deuxièmes prénoms, la concentration est un peu moins forte car les dix prénoms les plus fréquents rassemblent 48 % des Morts. Par rapport au classement des premiers prénoms, les deux modifications importantes consistent en l’apparition de Baptiste (6) (1ère position) et de Marie (3e position, prénom féminin protecteur choisi dans la tradition chrétienne). On retrouve dans ce classement les prénoms classiques de Haute-Vienne pour l’époque : Jean passe en 2e position, Louis se maintient en 4e position, viennent ensuite Pierre, Joseph, François, Henri, et les prénoms locaux Léon et Léonard.
(6) Il est impossible de distinguer les prénoms simples des prénoms composés dans les fiches individuelles des Morts pour la France. En conséquence dans cette étude, tous les prénoms ont été traités comme des prénoms simples. Il en résulte un biais dans les classements : par exemple, la non prise en compte du prénom composé Jean-Baptiste entraîne une surestimation du prénom simple Jean dans le classement des premiers prénoms et du prénom simple Baptiste dans les deuxièmes prénoms.

Graphique 2.2

MPF Limoges Graphique 2-2

Source : Canopé de l’académie de Limoges, janvier 2016.

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Les troisièmes prénoms

382 Morts pour la France de Limoges (13%) ont un troisième prénom et mobilisent un stock de 95 prénoms. Dans ce stock de troisièmes prénoms, les dix premiers prénoms rassemblent 49% des Morts. On retrouve aux trois premières places les prénoms chrétiens Baptiste, Joseph, Marie qui témoignent encore de l’ancrage religieux d’une partie de la population de la Haute-Vienne. On retrouve également des prénoms classiques qui dominaient les deux classements précédents : Louis, Henri, Jean, André, François. On note aussi l’apparition de René (5e position), un prénom typique de l’Anjou et de Gabriel (10e position), prénom du troisième archange dans la Bible.

Graphique 2.3

MPF Limoges Graphique 2-3

Source : Canopé de l’académie de Limoges, janvier 2016.

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Les quatrièmes prénoms

Plus marginal statistiquement, on observe que 92 Morts pour la France de Limoges (3%) ont un quatrième prénom et mobilisent un stock de seulement 46 prénoms. La concentration est comparable aux deux classements précédents puisque les onze quatrièmes prénoms les plus fréquents rassemblent 48% des Morts. On retrouve dans ce classement les prénoms chrétiens de Marie, Joseph, Antoine, André, et le prénom local Martial. Le reste du classement fait apparaître des prénoms à la mode à la fin du XIXe siècle comme Charles, Édouard, René, Alfred, Émile et Lucien.

Graphique 2.4

MPF Limoges Graphique 2-4

Source : Canopé de l’académie de Limoges, janvier 2016.

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Les cinquièmes prénoms

La présence d’un cinquième prénom est exceptionnelle car elle ne concerne que 9 Morts pour la France de Limoges (0,3%). Dans les 7 cinquièmes prénoms, on retrouve encore des grands classiques comme Jean, Pierre, Antoine, Joseph et Marie. On note la présence de deux prénoms plus originaux que sont Casimir et Xavier. On peut avancer qu’en tendance, il existe une relation entre le nombre de prénoms et le niveau social de l’individu. Dans cette étude, le seul indicateur qui mesure approximativement le milieu social est le grade. On observe qu’il n’y a qu’un seul soldat de seconde classe parmi les 9 Morts pour la France ayant un cinquième prénom, les 8 autres ont des grades plus ou moins élevés (capitaine, lieutenant, médecin auxiliaire, adjudant, sergent, brigadier et caporal). Il faudrait connaître le milieu socioprofessionnel et socioculturel des familles pour affiner cette analyse.

Graphique 2.5

MPF Limoges Graphique 2-5

Source : Canopé de l’académie de Limoges, janvier 2016.

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[3] Le classement des Morts pour la France de Limoges selon la date de naissance

La répartition des Morts pour la France de Limoges selon les générations est liée à l’organisation de l’armée française et à sa mobilisation à partir du 2 août 1914. Les hommes de 21 à 23 ans de l’armée d’active et les hommes de 24 à 34 ans de la réserve de l’armée d’active sont mobilisés en premier et envoyés au front. Les hommes de 35 à 41 ans de l’armée territoriale et ceux de 42 à 49 ans de la réserve de l’armée territoriale sont mobilisés plus tardivement et à l’arrière du front. Cette structure par âge de l’armée française explique que les décès se concentrent sur les générations nées entre 1881 (classe 1901 âgée de 33 ans à la mobilisation générale en août 1914) et 1896 (classe 1916 mobilisée en avril 1915). Les deux générations les plus frappées sont celles de 1893 avec 217 Morts et de 1894 avec 190 Morts. Dans les générations les plus âgées, on compte quelque Morts pour ceux qui sont nés entre 1853 (les 50 ans et plus sont des militaires de carrière) et 1871. Dans les générations les plus jeunes mobilisées au cours de la guerre, on recense également deux à trois Morts pour ceux nés en 1900 et 1901 (des apprentis marins et de jeunes engagés).

Graphique 3

MPF Limoges Graphique 3

Source : Canopé de l’académie de Limoges, janvier 2016.

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[4] Le classement des Morts pour la France de Limoges selon le lieu de naissance

La liste des 3003 Morts pour la France de Limoges est construite à partir de deux critères : le lieu de naissance à Limoges et/ou le lieu de résidence au décès à Limoges. 1855 Morts sont nés à Limoges, soit une proportion un peu en dessous de deux sur trois (62%). L’ensemble restant (38%) rassemble des Morts dont la commune de résidence au décès est Limoges mais qui sont nés dans une autre commune. Dans le détail, on observe que 749 Morts (25%) sont nés dans des communes de Haute-Vienne en dehors de Limoges ; 390 Morts (13%) sont nés dans des communes d’autres départements français (principalement des départements limitrophes), et 9 Morts sont nés dans des colonies françaises ou des pays étrangers (dont 5 en Algérie).

On peut avancer que ces proportions reflètent la situation démographique de la ville de Limoges à la veille de la Première Guerre Mondiale (92 181 habitants au recensement de 1911), mais il faudrait connaître les flux migratoires et comparer avec d’autres villes pour pouvoir les apprécier.

Graphique 4.1

MPF Limoges Graphique 4-1

Source : Canopé de l’académie de Limoges, janvier 2016.

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Les Morts pour la France de Limoges nés en Haute-Vienne

Les 2604 Morts pour la France de Limoges nés en Haute-Vienne se répartissent dans 130 communes (voir la carte et le tableau qui l’accompagne). En dehors de Limoges qui compte 1868 Morts (y compris Beaune et Landouge), les communes de naissance se situent à la périphérie de la capitale régionale, et d’une façon plus large essentiellement dans la partie sud du département.

Carte 4.2

MPF Limoges Carte 4-2

Source : Canopé de l’académie de Limoges, janvier 2016.

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Les Morts pour la France de Limoges nés en dehors de la Haute-Vienne

En dehors des 2604 Morts pour la France de Limoges nés en Haute-Vienne (86,7%) ; 390 Morts sont nés dans 66 autres départements français (13%), principalement des départements périphériques (Corrèze, Dordogne, Charente, Creuse, Gironde, Allier) ou des départements caractérisés par des mouvements migratoires importants (Paris, Nord) ; et 9 Morts (0,3%) sont nés dans des colonies françaises (Algérie, Indochine) ou des pays étrangers (Argentine, Autriche, Grèce). Il est impossible, dans le cadre de cet article, de justifier dans le détail cette répartition géographique car il faudrait pour cela connaître l’histoire de chaque famille conduisant, à un moment donné, à une migration vers Limoges.

Carte 4.3

MPF Limoges Carte 4-3

Source : Canopé de l’académie de Limoges, janvier 2016.

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[5] Le classement des Morts pour la France de Limoges selon la date de décès

Le nombre de Morts par année

En rassemblant la moitié des décès, les deux premières années de la Grande Guerre sont les plus meurtrières : on compte 776 Morts pour la France de Limoges en 1914 (26%) et 725 Morts en 1915 (24%). L’année 1916 enregistre des décès légèrement inférieurs à ceux de l’année 1918 avec 543 Morts (18%) contre 578 Morts (19%). L’année 1917 est la moins meurtrière avec 354 Morts (12%), si l’on met à part l’année 1919 qui fait suite à l’Armistice du 11 novembre 1918 et qui ne compte que 27 Morts (En dehors du cas particulier d’un matelot disparu en mer Noire, les autres cas concernent des décès des suites de “maladie en service” et de “blessures de guerre” principalement dans des hôpitaux français).

Graphique 5.1

MPF Limoges Graphique 5-1

Source : Canopé de l’académie de Limoges, janvier 2016.

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Le nombre de Morts par mois

Si l’on examine le nombre de Morts par mois, cinq mois se détachent nettement en se situant bien au-delà de 100 Morts (bâtons les plus foncés du graphique) alors que la moyenne sur les 52 mois du conflit est de 57 Morts. Les deux premiers mois de la guerre sont les plus meurtriers avec 230 Morts en août 1914 et 300 Morts en septembre 1914 (maximum absolu). Cette période correspond à la guerre de mouvement qui a vu le choc brutal des armées française et allemande se dérouler en plusieurs phases : échecs des offensives françaises et grande retraite, arrêt de l’offensive allemande avec la bataille de la Marne et poursuite. D’octobre 1914 à juin 1915, le nombre mensuel de Morts reste à un niveau élevé (toujours plus de 50 Morts) : après la phase de la course à la mer qui se termine en décembre 1914 (113 Morts), les armées s’installent dans la guerre des tranchées. La stratégie du “grignotage” de général en chef Joffre coûte la vie inutilement à des milliers de soldats français (7). Un nouveau sommet dans l’horreur est atteint avec les pertes catastrophiques liées à l’échec de la grande offensive française en Artois et en Champagne (8). Cela se traduit par 148 Morts en septembre 1915. L’année 1916 connaît des fluctuations mensuelles en rapport avec la bataille de Verdun et la bataille de la Somme. En 1917, le nombre de Morts atteint un sommet relatif de 76 Morts en avril, lors de de l’échec de l’offensive du Chemin des Dames. Après une phase moins meurtrière pendant l’hiver 1917-1918, la guerre de mouvement reprend et le nombre de Morts s’élève de nouveau de juin (59 Morts) à octobre 1918 (126 Morts), au moment de la contre-offensive des Alliés qui allait mener à la Victoire.

(7) 1915. L’enlisement. Jean-Yves Le Naour, Éditions Perrin, 2013.

(8) D’Onte ses ? n°12 – automne-hiver 2015  – L’offensive d’Artois : le rêve brisé de la percée décisive, Philippe Grandcoing, p.19-22.

Graphique 5.2

MPF Limoges Graphique 5-2

Source : Canopé de l’académie de Limoges, janvier 2016.

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Les trois mois les plus meurtriers

Si l’on se focalise sur les trois mois les plus meurtriers on observe que les profils journaliers sont très différents.

Dans la première quinzaine d’août 1914, on ne compte que 3 Morts pour la France de Limoges en Alsace-Lorraine, car pour la plupart des régiments, c’est la phase d’acheminement des troupes vers le front. Avec la multiplication des combats lors de la bataille des frontières, les pertes s’élèvent à 27 Morts le 22 août 1914, jour le plus meurtrier pour l’ensemble des armées françaises avec 27 000 Morts (7). Par contre pour les soldats de Limoges, le jour le plus meurtrier de la Grande Guerre se situe le 28 août 1914 (10) avec 132 Morts, car il coïncide avec l’engagement simultané de plusieurs régiments limousins (63e RI, 78e RI, 100e RI, 263e RI, 278e RI, 338e RI) lors de la phase de la Grande Retraite des armées françaises.

(9) Le Jour le plus meurtrier de l’histoire de France: 22 août 1914. Jean-Michel Steg, Éditions Fayard, 2013.

(10) « Le 28 août, le 63e RI subit d’effroyables pertes : 724 hommes et 9 officiers furent mis hors de combats en moins de trois heures. (…). Ce même 28 août, plus à l’ouest, les 263e, 278e et 338e RI défendent les passages de la Somme dans le secteur de Péronne. Près de 2500 hommes sont tués, blessés ou faits prisonniers ».  Donte ses ? n°10  – automne-hiver 2014  – 1914. Le grand massacre des régiments limousins, Philippe Grandcoing, p.81-88.

Graphique 5.3

MPF Limoges Graphique 5-3

En septembre 1914, suite à la bataille de la Marne et à la poursuite des armées allemandes, on n’observe pas de jours de pertes qui se détachent nettement. La moyenne est de 10 Morts par jour, avec des fluctuations allant d’un minimum absolu de 1 Mort le 18 septembre, à deux maximums relatifs de 37 Morts le 20 septembre et de 48 Morts le 26 septembre 1914, lors de la fixation du front dans la Marne et dans l’Oise.

Graphique 5.4

MPF Limoges Graphique 5-4

Par contre en septembre 1915, le profil journalier des Morts est très irrégulier. Dans l’attente de l’offensive, les pertes sont minimes, mais le 25 septembre 1915, elles grimpent à un maximum absolu de 86 Morts. Le premier jour de la double offensive en Artois et en Champagne est le deuxième jour le plus meurtrier de la Grande Guerre pour les soldats de Limoges. Face à l’ampleur des pertes, l’offensive est stoppée le 29 septembre, avant de reprendre du 6 au 8 octobre 1915.

Graphique 5.5

MPF Limoges Graphique 5-5

Source : Canopé de l’académie de Limoges, janvier 2016.

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[6] Le classement des Morts pour la France de Limoges selon l’âge au décès

L’âge au décès est en rapport avec la date de naissance, dont on a vu qu’elle déterminait l’appartenance aux différentes structures de l’armée française (armée d’active, armée de réserve, armée territoriale). On retrouve donc un profil de graphique qui est comparable à celui fonction de la date de naissance. L’écart entre les deux provient de la date de décès : pour une même année de naissance, l’âge au décès peut varier selon que le soldat est mort au début de la guerre ou 4 ans plus tard, à la fin de la guerre. L’âge au décès le plus fréquent des Morts pour la France de Limoges est de 21 ans avec 253 Morts. Les âges de 20 à 33 ans rassemblent 2306 Morts, soit plus des 3/4 de l’ensemble (77%). Parmi les plus jeunes, il y a cependant 116 décès de 17 à 19 ans (4%) ; et à l’opposé l’âge au décès s’étale de 34 à 61 ans (19% des Morts), mais en voyant le nombre de Morts diminuer. L’ensemble du profil statistique fait que l’âge moyen au décès se situe à 28,5 ans.

Graphique 6

MPF Limoges Graphique 6

Source : Canopé de l’académie de Limoges, janvier 2016.

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[7] Le classement des Morts pour la France de Limoges selon le lieu de décès

Avec 2743 Morts (91% du total des 3003 Morts), l’immense majorité des décès de la Grande Guerre se situe en France, car le pays doit faire face pendant plus de quatre ans à l’occupation d’une partie de son territoire par l’Allemagne. On compte cependant 260 Morts (9%) dans des pays étrangers, des colonies françaises ou en mer.

Les Morts selon les départements de décès

Les principaux départements de décès se trouvent sur la ligne de front (voir le graphique 7.1 et la carte de France 7.2). Deux départements se détachent : la Marne avec 727 Morts (27%), et la Meuse avec 473 Morts (17%). Viennent ensuite trois autres départements : le Pas-de-Calais avec 295 Morts (11%), l’Aisne avec 260 Morts (10%) et la Somme avec 245 Morts (9%). Ces cinq premiers départements de décès rassemblent presque les 3/4 des Morts pour la France de Limoges (73%). Les huit départements de décès suivants rassemblent 19 % des Morts : en dehors de six départements du front (Oise, Ardennes, Meurthe-et-Moselle, Haut-Rhin – département qui fait partie à l’époque de l’Alsace annexée à l’empire allemand depuis 1870 -, Vosges, Nord), on note la présence de deux départements de l’arrière (Haute-Vienne, Paris) qui enregistrent pour l’essentiel des Morts dans des hôpitaux liés à des maladies ou des suites de blessures. La Haute-Vienne est le département de l’arrière qui compte le plus de Morts car c’est le lieu d’origine des soldats, pour Paris cela s’explique par l’existence de grandes infrastructures médicales permettant de soigner les malades et les blessés. Le reste des Morts pour la France de Limoges se répartit dans 61 autres départements de l’arrière (215 Morts ; 8%).

Graphique 7.1

 MPF Limoges Graphique 7-1

Carte 7.2

MPF Limoges Carte 7-2

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Les Morts selon les communes de décès

Les 21 principaux lieux de décès représentent 22% des Morts pour la France de Limoges. On y trouve des villes de l’arrière comme Limoges et Paris, et des lieux de combats comme Verdun.

Graphique 7.3

MPF Limoges Graphique 7-3

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Les Morts dans les pays étrangers

Sur les 260 Morts pour la France de Limoges dans des pays étrangers, presque la moitié est décédée en Belgique (48%), le plus souvent au moment de la bataille des frontières (21-22 août 1914), ou pendant la première bataille d’Ypres (24 octobre- 24 novembre 1914).

On recense ensuite 34 Morts en captivité en Allemagne (13%) de septembre 1914 à décembre 1918. Le genre de mort n’est pas toujours précisé sur les fiches individuelles, mais les prisonniers de guerre sont décédés le plus souvent de maladie ou des suites de blessures de guerre.

On enregistre 58 Morts liés au parcours de l’Armée d’Orient : 10 Morts en Turquie lors de la Bataille des Dardanelles (avril-juillet 1915) (11), 17 Morts en Grèce (le plus souvent de maladie), 28 Morts en Serbie et en Macédoine (principalement en 1917-1918), 2 morts en Bulgarie et 1 Mort en Roumanie décédés de maladie après la signature des armistices à l’automne 1918 par les alliés de l’Allemagne (Autriche-Hongrie, Bulgarie, Empire Ottoman).

On compte également 18 Morts sur le front italien liés aux divisions françaises envoyées pour soutenir l’armée italienne éprouvée par la défaite de Caporetto en octobre 1917. Les soldats morts au combat sont tombés dans la région d’Asiago de février à juin 1918, et lors de la bataille du Piave en octobre 1918.

Les 16 Morts en mer sont le plus souvent liés à des torpillages de navires, mais il y a aussi des décès sur des navires hôpitaux des suites de blessures de guerre ou de maladie.

En marge du conflit en Europe, on trouve 8 Morts dans les colonies françaises d’Afrique du Nord (Algérie, Maroc, Tunisie), 1 Mort de la Colonne Expéditionnaire du Cameroun (colonie allemande conquise début 1916), et 1 Mort du 16e RIC envoyé en août 1918 en Extrême-Orient combattre l’Armée rouge (Sibérie).

(11) Les deux généraux de la liste des 3003 Morts sont décédés à la suite de combats dans la presqu’île de Gallipoli : le général de brigade Ganeval le 07/06/1915 et le général de division Masnou le 17/07/1915.

Graphique 7.4

MPF Limoges Graphique 7-4

Source : Canopé de l’académie de Limoges, janvier 2016.

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[8] Le classement des Morts pour la France de Limoges selon le lieu de résidence

La liste des 3003 Morts pour la France de Limoges est construite à partir de deux critères : la naissance à Limoges et/ou la résidence à Limoges au moment du décès à la Grande Guerre. Pour obtenir les données statistiques, deux sources ont été utilisées : le Livre d’Or des Morts pour la France de Limoges disponible en ligne sur le site des Archives nationales, et les fiches individuelles des Morts pour la France du site Mémoire des hommes. Le Livre d’Or de Limoges comporte 2504 Morts (7 doubles ont été éliminés), il faut y ajouter 9 marins comptés à part et un Mort absent du Livre d’Or, ainsi que 489 Morts pour la France nés à Limoges, mais dont les actes de décès ont été transcrits dans d’autres communes (voir schéma). Cette structure reflète l’importance des mouvements de population entre Limoges et d’autres communes de Haute-Vienne ou du reste de la France.

Schéma 8.1

MPF de Limoges Schéma 8-1

84% des Morts pour la France de Limoges ont Limoges comme lieu de résidence au décès. Dans cet ensemble de 2514 Morts on peut distinguer trois sous-ensembles : 1366 Morts sont à la fois résidents au décès et nés à Limoges ; 750 sont résidents au décès mais sont nés dans d’autres communes de Haute-Vienne ; 398 Morts sont résidents au décès mais sont nés en dehors de la Haute-Vienne. Autrement dit cela signifie que presque la moitié des Morts de l’ensemble sont nés ailleurs et sont venus à un moment donné résider à Limoges (750 + 398 = 1148 / 2514 = 46%)
Les 16% restants sont nés à Limoges, mais en sont partis pour résider ailleurs au moment de leur décès à la Grande Guerre. Si l’on décompose cet agrégat de 489 Morts, on observe des migrations liées à l’attrait économique ou à la proximité géographique. Pour l’attrait économique on peut retenir les 160 Morts nés à Limoges et qui ont une résidence au décès dans le département de la Seine (département qui regroupe à l’époque Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne), de même pour ceux qui sont partis résider dans les départements de Gironde (attrait de Bordeaux), Seine-et-Oise (attrait de Versailles), Meurthe-et-Moselle (attrait de Nancy), ou de Loire-Inférieure (attrait de Nantes). Pour la proximité géographique, il s’agit des 114 Morts nés à Limoges et qui ont une résidence au décès en Haute-Vienne, ainsi que ceux partis résider en Creuse, Charente, Dordogne, Corrèze et Indre. Le reste de l’agrégat se disperse dans 47 autres départements et dans deux pays qui font partie de l’empire colonial français (Algérie, Maroc).

Graphique 8.2

MPF Limoges Graphique 8-2

Source : Canopé de l’académie de Limoges, janvier 2016.

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[9] Le classement des Morts pour la France de Limoges selon le centre de recrutement

78% des Morts pour la France de Limoges sont passés par le centre de recrutement de Limoges au moment de leur service militaire (12). Les registres matricules des soldats de Haute-Vienne ne sont pas encore numérisés par les Archives départementales de la Haute-Vienne, pour les consulter il faut se rendre en salle de lecture muni du numéro de matricule au recrutement trouvé sur les fiches individuelles du site Mémoire des hommes.

Pour les 22% restants, cela signifie qu’ils ont été appelés par d’autres centres de recrutement car leur commune de résidence à 20 ans se situait en dehors de la zone de recrutement du centre de Limoges. On trouve en seconde position les 104 Morts pour la France appelés par les 5 bureaux de recrutement de l’ancien département de la Seine. Les tables de recrutement de la Seine qui fournissent par ordre alphabétique les numéros matricules pour la période (1875-1921), sont disponibles en ligne auprès des Archives de Paris, mais il faut ensuite se rendre en salle de lecture pour consulter les registres matricules militaires. Viennent ensuite des centres de recrutement situés dans le reste du Limousin (Magnac-Laval recrute dans la partie nord du département de la Haute-Vienne à partir des cantons de Saint-Junien, Nantiat et Bessines, Brive et Tulle en Corrèze, Guéret en Creuse), puis des centres situés principalement dans des départements du sud-ouest (Angoulême, Bordeaux, Périgueux, Bergerac, Montauban, Rodez, Toulouse) ou des départements du centre du pays (Châteauroux, Montluçon). En dehors de cette proximité géographique, on trouve les centres de recrutements de Versailles, Lille et Nantes et 90 autres centres avec moins de 6 Morts pour la France de Limoges. Les registres matricules de la plupart des départements sont numérisés et à terme seront indexés sur le site Grand Mémorial du ministère de la culture.

(12) « La réforme de 1889 avait aussi organisé le recrutement des régiments sur une base régionale ». Donte ses ? n°10  – automne-hiver 2014  – 1914. Le grand massacre des régiments limousins, Philippe Grandcoing, p.82.

Graphique 9

MPF Limoges Graphique 9

Source : Canopé de l’académie de Limoges, janvier 2016.

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[10] Le classement des Morts pour la France de Limoges selon le régiment

Le régiment au décès est une information importante pour dresser le parcours individuel d’un soldat car cela permet ensuite de consulter sur le site de Mémoire des hommes les Journaux des Marches et Opérations et l’Historique de ce régiment pendant la Grande Guerre. Il n’est pas envisagé dans le cadre de cet article de passer en revue tous les régiments associés aux 3003 Morts pour la France de Limoges. Pour donner une vision synthétique, on a regroupé les données des régiments appartenant à une même catégorie d’un point de vue militaire.

Les statistiques illustrent le fait que les Morts se concentrent très fortement sur l’infanterie : toutes catégories rassemblées (chasseurs, coloniaux, actifs, réservistes, territoriaux), on est presque à la proportion de 9/10 (85%). Dans cet ensemble, les 1528 Morts de l’infanterie d’active sont majoritaires (51%), ils se répartissent dans 175 régiments. En seconde position, on trouve l’infanterie de réserve avec 551 Morts (18%) répartis dans 101 régiments. En troisième position on trouve les régiments coloniaux au sens large (infanterie coloniale, tirailleurs, zouaves) avec 237 Morts (8%), ils devancent les bataillons de chasseurs qui comptent 130 Morts (4%) et les soldats plus âgés de l’infanterie territoriale qui comptent 104 Morts (3%).

Dans les autres catégories, on relève 199 Morts dans les régiments d’artillerie (7%), 74 Morts parmi les sapeurs du génie (2%),70 Morts dans la cavalerie (2%), 27 Morts dans les sections d’infirmiers , 24 Morts dans les escadrons du train des équipages militaires (transport et logistique). On retient seulement 17 morts dans la Marine (la Haute-Vienne n’est pas un département maritime), 16 Morts dans l’aviation (nouvelle arme rattachée à l’armée de terre jusqu’en 1934), et 10 Morts dans l’intendance. Le reste des Morts se situe dans des structures statistiquement marginales : chemins de fer, groupes de cyclistes, gendarmerie, quartier général, télégraphie.

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MPF Limoges Graphique 10-1

Les Morts dans les principaux régiments

Dans les 20 régiments qui comptent le plus de Morts pour la France de Limoges, on compte 19 régiments d’infanterie, dont 11 régiments d’active.

Les conscrits de Limoges étant d’abord affectés à des régiments locaux, cela explique que l’on trouve en première position le 63e Régiment d’Infanterie avec 187 Morts et le 78e Régiment d’Infanterie avec 107 Morts, deux régiments casernés à Limoges. Dans la suite du classement, on distingue des régiments du Limousin : des régiments d’active comme les 100e RI de Tulle, 138e RI de Magnac-Laval, 126e RI de Brive ; des régiments de réserve comme les 278e RI de Limoges, 338e RI de Magnac-Laval, 263e RI de Limoges ; un régiment de l’infanterie territoriale, le 89e RIT de Limoges. On distingue également des régiments casernés dans des départements du sud-ouest : des régiments d’active comme les 11e RI de Montauban, 7e RI de Cahors, 50e RI de Périgueux, 14e RI de Toulouse, 9e RI d’Agen , 107e RI d’Angoulême ; des régiments de réserve comme les 211e RI de Montauban, 207e RI de Cahors et 214e RI de Toulouse. Aux deux dernières positions du classement, on trouve le 2e Régiment de Zouaves cantonné à Sathonay-Camp dans le Rhône (29 Morts) et le 4e Régiment du Génie de Grenoble dans l’Isère (26 Morts).

Au total, les 20 premiers régiments de décès rassemblent 1116 Morts pour la France de Limoges et concentrent 37% des Morts.

Graphique 10.2

MPF Limoges Graphique 10-2

Source : Canopé de l’académie de Limoges, janvier 2016.

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[11] Le classement des Morts pour la France de Limoges selon le grade

Toute la hiérarchie militaire est touchée par l’ampleur des pertes. Dans le cas des Morts pour la France de Limoges, on peut retenir les ordres de grandeur suivants : un officier mort pour deux sous-officiers et petits gradés et sept hommes de troupe.

En rassemblant les grades par grandes catégories, on compte 243 Morts (8%) parmi les officiers, 658 Morts (22%) parmi les sous-officiers et les petits gradés (brigadiers et caporaux), et 2102 Morts (70%) parmi les hommes de troupe (soldats de première classe, maîtres pointeurs de l’artillerie, soldats de seconde classe)

Dans le vaste ensemble des hommes de troupe, on trouve très majoritairement des fantassins (actifs, réserves, territoriaux, chasseurs, tirailleurs, zouaves…), des artilleurs (maîtres pointeurs, canonniers), des cavaliers (chasseurs, cuirassiers, hussards…), des sapeurs, des infirmiers, des matelots et quelques Morts dans des postes spécifiques (brancardiers, chauffeurs, conducteurs, cyclistes, gendarmes, musiciens, ouvriers…).

Graphique 11

MPF Limoges Graphique 11

Source : Canopé de l’académie de Limoges, janvier 2016.

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[12] Le classement des Morts pour la France de Limoges selon le genre de mort

Le genre de mort est une indication essentielle dans les fiches individuelles, car il détermine l’attribution de la mention Mort pour la France fixée par la loi du 2 juillet 1915. Cette mention est attribuée à tout militaire tué à l’ennemi ou mort de blessures de guerre, ou à tout militaire décédé de maladie ou lors d’un accident survenu en service. La Première Guerre mondiale est synonyme de “mort industrielle de masse” (13), elle se traduit par plus de 1,3 million de militaires décédés avec la mention Mort pour la France.

La première origine des décès est la mort trouvée directement lors des combats : dans cette étude, le genre “tué à l’ennemi” rassemble 1776 Morts (59%), les fiches précisant parfois les armes qui ont tué (tué par balle ou par éclat d’obus). La seconde origine est la mort de “blessures de guerre” ou des “suites de blessures de guerre”, elle rassemble 575 Morts (19%). Dans le premier cas, le décès se produit à proximité du front dans des ambulances ou hôpitaux d’évacuation, dans le second, cas le décès se produit plus tardivement dans les hôpitaux de l’arrière. La troisième origine est la “maladie en service” avec 316 Morts (11%), ce genre de mort rassemble plusieurs types de maladies largement liées aux mauvaises conditions de vie dans les tranchées : fièvre typhoïde, typhus, pneumonie, tuberculose, grippe… La quatrième origine concerne les militaires “disparus” au combat et les cas assimilés (jugement déclaratif et Mort pour la France sans précision du genre de mort) avec 220 Morts (7%), une proportion relativement importante qui résulte de la violence de la guerre qui fait disparaître les corps des victimes (13). Administrativement c’est une position provisoire entre prisonnier et tué, qui a pu se prolonger jusqu’à un jugement déclaratif de décès prononcé par un Tribunal civil après la fin de la guerre. On compte encore 43 Morts en captivité, le plus souvent en Allemagne, 33 Morts pour « accident en service » dont plusieurs accidents de chemin de fer, combat aérien, 16 Morts en mer (le plus souvent suite à un torpillage), 12 Morts en avion (accident, chute, combat), 6 Morts par intoxication par gaz, et enfin 6 Morts dont le genre de mort n’est par renseigné.

(13) André Bach, « La mort en 1914-1918 », Revue historique des armées, 259 | 2010, 23-32.

Graphique 12

MPF Limoges Graphique 12

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