Conférence sur Panazol et la Grande Guerre

Panazol, un village limousin pendant la Grande Guerre

Conférence guerre

Texte intégral de la conférence et son diaporama

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(►diapositive 1) Le titre de cette conférence peut faire penser à celui d’une célèbre série télévisée, mais les documents historiques sur lesquels j’ai travaillé ne me permettent pas de vous présenter le film notre village pendant la Grande Guerre. La soirée sera structurée en deux temps, le premier concerne les recensements de population de 1911 et 1921, et le second les 70 victimes de la Grande Guerre. Il s’agit donc de dresser l’image statistique des habitants de Panazol avant et après la Grande Guerre, et de préciser celle de ses militaires qui sont morts pendant la Grande Guerre.

1. Les recensements de population de 1911 et 1921

Historiquement la technique du recensement a été utilisée dès l’antiquité pour collecter des informations sur la population. En France les premiers recensements de population remontent au XIVe siècle et ont été établis pour dénombrer le nombre de feux dans une perspective fiscale. La Convention nationale prévoit un recensement nominatif qui sera mis en œuvre en 1793-1794 (1). À partir de 1801, un recensement général de la population est organisé tous les cinq ans, sauf en période de guerre. Avec la création de l’INSEE en 1946, on assiste à un espacement dans le temps des recensements car c’est une opération lourde et coûteuse. Les deux derniers recensements généraux se déroulent en 1990 et 1999. Depuis 2004, les recensements généraux sont remplacés par un système de recensement permanent dit recensement rénové.

(►diapositive 2) Dans le cas de la commune de Panazol, je me  suis intéressé aux deux recensements qui encadrent la Première Guerre mondiale et qui ont eu lieu en 1911 et 1921. Les feuilles de relevé des ces recensements sont conservées par les Archives départementales de la Haute-Vienne, elles ne sont pas encore disponibles en ligne mais on peut les consulter en salle de lecture et les photographier. Chaque feuille de relevé se présente sous la forme normalisée d’un tableau de 30 lignes. Dans les premières colonnes figurent les noms des quartiers, villages, hameaux ou rues qui représentent les différentes parties ou résident habituellement les habitants de la communes. Dans les colonnes suivantes les habitants sont classés et numérotés par maison, et dans chaque maison par ménage. Au sein de chaque ménage, on inscrit d’abord le chef de ménage, homme ou femme, puis la femme du chef, puis les enfants, les ascendants et alliés, et enfin les personnes non apparentées qui vivent avec le ménage comme par exemple des domestiques, des employés ou des ouvriers. Dans les colonnes suivantes figurent les noms de famille, les prénoms, l’année de naissance, le lieu de naissance, la nationalité, la situation par rapport au chef de ménage, la profession et enfin le nom du patron (l’employeur pour les travailleurs).

Après avoir saisi dans un tableau statistique toutes ces informations, il est possible de dresser le portrait statistique des habitants de Panazol d’il y a un siècle.

(►diapositive 3) Au 1er avril 1911, la commune de Panazol comptabilisait 1634 habitants. Dix ans plus tard, au 31 mars 1921, elle ne compte plus que 1537 habitants. Cette diminution de 97 habitants en 1921, représente une baisse de 5,9% par rapport à la population de 1911. Elle est liée à l’impact démographique de la Grande Guerre, sur lequel on reviendra plus loin. Ce déclin démographique frappe l’ensemble du pays, mais il est plus au moins accentué selon les départements et les communes. Au niveau du département de la Haute-Vienne, la baisse de la population est de 9% de 1911 à 1921 (2). Sur les 200 communes du département, 193 perdent de la population, avec dans les cas extrêmes des baisses de 20% à 30%. Avec une baisse de 5,9%, Panazol se situe en 173e position, dans le quartile des 49 communes relativement moins touchées par le déclin démographique.

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Note (1) : « La population de la commune de Panazol en 1793 » par Octave d’Abzac, article paru dans le Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, tome LV, 1905, pages 420-423. À la date du 1er mai 1793, le total des habitants était de 668, formant un ensemble de 115 ménages. Document téléchargeable sur le site Gallica.

Note (2) : Calculs des pourcentages par l’auteur à partir des données provenant du fichier popcom87_1846-1999.xls téléchargeable sur le site de l’Insee Limousin. Pour visualiser ces variations, consulter l’article « Cartes interactives des Morts pour la France de Haute-Vienne de la Grande Guerre » du site La Grande Guerre et le Limousin :   http://14-18.crdp-limousin.fr/blog/2014/09/22/carte-interactive-des-morts-pour-la-france-de-haute-vienne/

(►diapositive 4) Si l’on prend du recul dans le temps, sur le siècle précédant notre étude, la population de Panazol augmente de 62% du recensement de 1821 au recensement de 1856, en passant de 890 à 1436 habitants, cette augmentation combinant à la fois un solde naturel et un solde migratoire positifs. Par la suite, la population augmente de nouveau de 26% du recensement de 1861 au recensement de 1906, en passant de 1363 à 1721 habitants, chiffre qui constitue le maximum absolu d’avant la Grande Guerre. Sur cette période l’augmentation est due uniquement au solde naturel, car le solde migratoire est le plus souvent négatif (3).

Inversement, si l’on se projette sur le siècle suivant, la population de Panazol augmente de 38% de 1921 à 1945 en passant de 1537 à 2125 habitants, et elle est ensuite pratiquement multipliée par 5, pour atteindre 10560 habitants en 2013. Panazol est aujourd’hui une commune urbaine, la troisième du département derrière Limoges et Saint-Junien, alors qu’en 1911 elle n’était encore qu’une commune rurale en 61ème position.

 

Le portrait statistique des habitants de la commune de Panazol aux recensements de 1911 et 1921 est construit à partir d’une analyse descriptive de neufs indicateurs renseignés dans les listes nominatives.

Les noms de famille en 1911 et 1921

(►diapositive 5) Du côté des noms de famille, la population se répartie en 385 noms de famille différents en 1911 et 380 noms en 1921. Dans les deux cas le stock des noms est important relativement au nombre d’habitants car d’une façon générale la France se caractérise par une grande diversité de noms de famille hérités de prénoms, de sobriquets, de métiers ou de lieux. Les 12 premiers noms de famille concentrent un peu plus de 15% des habitants aux deux recensements. Faucher est nettement le premier nom de famille de la commune, viennent ensuite les noms de Faure, Delage, Boutet, Dadat, mais avec des variations sur la période, liées surtout à l’installation de nouveaux habitants qui ne sont pas nécessairement apparentés.

On remarquera que dans cet ensemble, les trois noms les plus courants en France sur la période 1891-1915 que sont Martin, Bernard et Petit ne sont pas présents, par contre y figurent des noms typiquement de Haute-Vienne (100% des naissances du nom sont en Haute-Vienne) comme Célicroux et Lamourre (4).

 

Les prénoms en 1911 et 1921

Les prénoms des habitants de la commune sont étudiés en fonction du sexe.

(►diapositive 6) En 1921, on compte 70 prénoms féminins sur la commune, soit 6 prénoms en plus par rapport à 1911 pour une population féminine en baisse de 19 habitantes. La concentration des prénoms féminins est forte car les dix premiers prénoms rassemblent environ les ¾ des habitantes (73,9%), mais elle diminue de  4 points de % par rapport à 1911.  Marie domine largement le classement (encore 1 habitante sur 4 en 1921), elle est suivie par Marguerite, Jeanne et Catherine.

(►diapositive 7) En 1921, on compte 80 prénoms masculins sur la commune, soit 8 prénoms en plus par rapport à 1911 pour une population masculine en baisse de 78 habitants. La concentration des prénoms masculins est un peu moins forte car les dix premiers prénoms rassemblent environ les ⅔ des habitants (67%), mais elle diminue de 4,3 points de % par rapport à 1911.  En 1921, Pierre n’est plus le premier prénom (5), il est devancé par Jean et par Léonard, prénom typiquement limousin (6), à l’image également de Martial que l’on trouve plus loin dans le classement.

D’une façon générale, on retiendra que le choix du prénom s’éloigne progressivement du modèle traditionnel (un prénom unique d’origine chrétienne transmis par le parrain ou la marraine) car l’influence de la mode est croissante.

(►diapositive 8) C’est ainsi qu’à Panazol sur la décennie 1911-1921, parmi les prénoms courants on observe une forte progression d’Anna, Marie-Louise et Henri, au détriment de Léonarde, Anne et François. Parmi les prénoms moins courants, on mesure pour les femmes une forte progression de Suzanne et Marcelle, et pour les hommes de Baptiste et René.

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Note (3) : Consulter les tableaux et les graphiques sur la période 1821-1921 dans la feuille SEXE ET AGE du fichier Panazol RP 1911 – RP 1921.xlsx téléchargeable dans l’article « Les recensements à Panazol en 1911 et 1921 » http://14-18.crdp-limousin.fr/blog/2016/06/12/les-recensements-a-panazol-en-1911-et-1921/

Note (4) : Consulter le tableau 3 Classement en fonction du % de naissance en Haute-Vienne dans les naissances en France (à partir de la ligne 5156) dans la feuille NOMS du fichier Panazol RP 1911 – RP 1921.xlsx

Note (5) : La paroisse de Panazol a pour patron Saint-Pierre-ès-Liens, et autrefois Saint-Jean-Baptiste.

Note (6) : Léonard, Marie, Jean et les autres : les prénoms en Limousin depuis un millénaire [par] Louis Perouas, Bernadette Barrière, Jean Boutier, Jean-Claude Peyronnet, Jean Tricard et le groupe Rencontre des historiens du Limousin. Éditions du Centre national de la recherche scientifique, 1984.

 

La répartition par sexe et par âge

La  répartition par sexe et par âge s’étudie à partir d’un graphique en forme de pyramide.

(►diapositive 9) En 1911 la forme de la pyramide est relativement régulière, elle comporte une base large et un sommet étroit.

(►diapositive 10) Par contre en 1921, la forme de cette pyramide est sensiblement marquée par les effets démographiques de la Grande Guerre. La diminution de la population de Panazol de 97 habitants entre les deux recensements s’explique par les pertes militaires (7) liées au conflit de 1914 à 1918 et par le phénomène des « classes creuses », c’est-à-dire la diminution du nombre de naissances sur la même période.

(►diapositive 11) Ce double effet négatif se retrouve sur la pyramide de 1921 qui comporte un déséquilibre des sexes pour les générations âgées de 25 à 49 ans (46% d’hommes pour 54% de femmes) et une base plus étroite pour les générations âgées de 0 à 9 ans.

(diapositive 12) Un siècle plus tard, la pyramide de 2012 est marquée par le départ des jeunes de 20 à 39 ans et par un sommet plus élevé lié au vieillissement.

 

Les communes de naissance des habitants de Panazol

(►diapositive 13) Seulement environ un tiers des habitants de Panazol sont nés dans la commune aux deux recensements. Viennent ensuite comme lieux de naissance les communes limitrophes, avec en particulier la grande ville de Limoges, et les communes de Saint-Just et Feytiat. Au total, 97% en 1911 et 94% en 1921 des habitants sont nés dans 110 des 206 communes de Haute-Vienne de l’époque, des communes situées le plus souvent dans la partie sud du département.

Pour la petite minorité née en dehors de la Haute-Vienne, on retiendra que la plupart des communes sont situées dans des départements du sud-ouest de la France comme la Corrèze, la Creuse, la Dordogne et les deux Charentes ou dans l’ancien département de la Seine (en particulier à Paris). On notera qu’on ne compte aucun habitant né à l’étranger en 1911 et un seul né en Belgique au recensement de 1921.

Un siècle plus tard avec la mutation des transports et des modes de vie, avec les migrations liés à la mondialisation, la diversité de la population est sensiblement plus forte sur tout le territoire national, et cela s’observe aussi à Panazol.

 

Les tailles et les types de ménages

Un ménage, au sens du recensement de la population, désigne l’ensemble des personnes qui partagent la même résidence principale, sans que ces personnes soient nécessairement unies par des liens de parenté. Un ménage peut être constitué d’une seule personne dans un logement, d’une famille monoparentale, d’un couple avec ou sans enfants, ou d’une combinaison de plusieurs familles et/ou personnes isolées, dans ce dernier cas on parle de ménage complexe.

(►diapositive 14) Au recensement de 1911, on compte 383 ménages à Panazol pour 1634 habitants, soit une taille moyenne de 4,3 personnes par ménage. Au recensement de 1921, le nombre de ménages a augmenté en passant à 404 (+5,5%) alors que le nombre d’habitants à diminué en passant à 1537 (-5.9%), en conséquence la taille moyenne s’est réduite à 3,8 personnes par ménage. Derrière ces moyennes, il faut retenir qu’à l’époque il existe de nombreux ménages de grande taille : 38,9% des ménages ont de 5 à 15 personnes en 1911 et encore 31,4% en 1921…

On observe sur longue période une tendance à la réduction de la taille des ménages. Un siècle plus tard, au recensement de 2012 à Panazol on ne compte plus que 2,3 personnes par ménage.

(►diapositive 15) Sur courte période l’impact démographique de la Grande Guerre sur les types de ménages explique les augmentations des parts des couples sans enfant, des familles monoparentales (plus de veuves avec des orphelins), des personnes seules, au détriment des couples avec enfant(s).

Sur longue période, les transformations sont plus spectaculaires. La part des ménages d’une personne fait plus que tripler, la part des couples sans enfant devient plus importante que celle des couples avec enfants, la part des familles monoparentales se maintient mais il s’agit aujourd’hui le plus souvent de femmes divorcées ou séparées. Derrière ces changements, il faut voir la fin de la cohabitation de plusieurs générations au sein d’un même logement et l’allongement de l’espérance de vie.

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Note (7) : On compte 35 victimes de la Grande Guerre, décédées de 1914 à 1921, inscrites sur le monument aux morts réalisé en 1922, et recensées à Panazol en mars 1911. La liste détaillée est consultable sur le fichier Excel des recensements de Panazol en 1911 et 1921, feuille SEXE et ÂGE, en ligne sur le site La Grande Guerre et le Limousin. Il faut rajouter à cette liste, 35 autres victimes non recensées à Panazol en mars 1911, pour obtenir le total des 70 victimes de la Grande Guerre de Panazol.

Les professions des habitants de Panazol selon le sexe

(►diapositive 16) Sur courte période l’activité féminine est marquée par une part majoritaire d’agricultrices exploitantes et par une progression de la part des employées au détriment des ouvrières. Le taux d’activité des femmes de 15 ans et plus recule de 37% à 33%.

Sur longue période, les transformations de l’activité féminine sont considérables : en un siècle, l’emploi agricole a quasiment disparu et la part des ouvrières s’est réduite fortement. La part des employées est devenue dominante, les emplois de cadres et de professions intermédiaires ont très fortement progressé. En 2012, le taux d’activité des femmes de 15 ans et plus atteint 48%, le modèle de la femme active s’est imposé au détriment du modèle de la femme au foyer.

(►diapositive 17) Sur courte période, l’activité masculine est dominée par le poids des groupes professionnels ouvriers et agriculteurs exploitants, mais ils connaissent cependant un recul au profit du groupe des employés. Il y a un siècle, on commence à travailler dès 14 ans et on exerce une activité professionnelle bien au-delà de 65 ans, en conséquence le taux d’activité des hommes de 15 ans et plus est en moyenne de 95%.

Sur longue période, les transformations de l’activité masculine sont massives : comme pour les femmes l’emploi agricole s’effondre. Les artisans, commerçants, chefs d’entreprise se maintiennent et représentent aujourd’hui l’essentiel des actifs indépendants. Le salariat est dominant et il rassemble 90% des actifs de Panazol. Le groupe des ouvriers n’est plus majoritaire et s’est tertiarisé, mais il représente encore 31,5% des actifs. Le groupe des employés stagne, par contre les groupes des cadres et professions intermédiaires ont explosé sur un siècle, pour représenter la moitié des actifs salariés en 2012. En 2012, le taux d’activité des hommes de 15 ans n’est plus que de 53% à cause de la poursuite des études et du développement du système des retraites.

Les principaux statuts des habitants de Panazol

(►diapositive 18) Les renseignements portés sur les feuilles de recensement permettent de distinguer deux types d’actifs : les patrons qui dirigent une entreprise appartenant à un des trois secteurs d’activités et les travailleurs en position de subordination par rapport aux patrons. En fonction du lieu d’activité de l’employeur, les travailleurs ont été classés en deux catégories : ceux qui travaillent en dehors de Panazol (on peut penser qu’il s’agit le plus souvent d’actifs occupés à Limoges), et ceux qui travaillent à Panazol.

De 1911 à 1921, la part des actifs dans la population de Panazol reste stable à un peu moins de la moitié (48%). Les patrons voient leur part légèrement augmenter. On observe une recomposition au niveau des lieux d’activité des travailleurs : la part des travailleurs à Panazol grimpe au détriment de la part des travailleurs hors Panazol. Il est difficile d’interpréter ce double mouvement : il est possible que l’on assiste à un repli sur l’emploi local, en liaison avec des difficultés de l’emploi extérieur à la commune, dans le contexte de reconversion industrielle d’après-guerre (8).

(►diapositive 19) Les données statistiques collectées permettent une analyse détaillée de la composition de chaque groupe d’actifs. À titre illustratif on retiendra qu’en 1921, le milieu des patrons est très masculin, même si on note un léger recul de 87% à 78 % de la part des hommes sur la période en liaison probablement avec l’évolution du statut de la femme pendant la Grande Guerre. Dans sa composition détaillée on y trouve surtout des agriculteurs et des artisans.

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Note (8) : À Limoges au lendemain de la Grande Guerre, l’industrie porcelainière est en crise et les industries de la chaussure et du textile sont frappées par l’arrêt des commandes de l’État. À Panazol, l’emploi reste très majoritairement agricole (75% des travailleurs en 1921), mais Le premier employeur de la commune est la filature de laines cardées et apprêts de draps à façon Henri Boucheron-Leblanc, qui avec l’usine du Prouët emploie 43 habitants de la commune en 1911 et seulement 26 habitants en 1921. Pour plus de détails sur les employeurs, consultez sur le site La Grande Guerre et le Limousin, le tableau statistique du fichier Excel sur les recensements de 1911 et 1921, feuille STATUT ET SECTEUR, lignes 4034 à 4086.

Les villages et hameaux de Panazol

Après avoir précisé l’identité des habitants de Panazol (Qui sont-ils ?), les recensements permettent également d’étudier leur localisation dans la commune (Où habitent-ils ?). Comme la plupart des communes du Limousin, Panazol s’est longtemps caractérisé par un habitat dispersé (9) : lors des recensements de 1911 et 1921, on décompte près de 300 maisons occupées par environ 400 ménages répartis, outre le bourg,  entre 44 à 46 villages, hameaux ou lieux-dits.

(►diapositive 20)Le bourg de Panazol, avec 202 habitants en 1911 ne rassemble qu’à peine 12% de la population de la commune et il n’est pas le plus peuplé. C’est le village de Fargeas, situé à proximité de Limoges, qui occupe la première place avec 242 habitants. Viennent ensuite deux autres villages avec environ 160 habitants chacun : le village de la Croix-Finor et le village des Vignes. Ces quatre premiers lieux d’habitation de la commune cumulent presque la moitié de la population (47% en 1911 et 49% en 1921). L’autre moitié de la population est dispersée sur deux vingtaines de hameaux : dans le premier groupe on trouve des hameaux de 20 à 60 habitants, dans le second groupe des hameaux de 3 à 19 habitants, avec une douzaine de cas ne comportant qu’une maison isolée (10).

 

(►diapositive 21) Sur la période 1911-1921, en liaison avec les effets démographiques négatifs de la Grande Guerre, la tendance au recul de la population est dominante : sur 44 lieux d’habitation recensés aux deux dates, 25 ont connu un baisse de leur population (dans les cas extrêmes de plus de 50% comme à Croix-de-la-lieue), 5 ont connu une stabilité de leur population, et seulement 14 ont connu une augmentation de leur population (la progression la plus spectaculaire étant celle du hameau du Châlet dont la population est presque multipliée par 4) (11).

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Note (9) : Le village des Limousins : études sur l’habitat et la société rurale du Moyen Âge à nos jours. Rencontre des Historiens du Limousin ; sous la direction de Jean Tricard ; préface d’Alain Corbin. Éditions Pulim, 2003, 532 p.

Note (10) : Pour les détails statistiques sur les villages et hameaux de Panazol, consulter les tableaux de la feuille HAMEAUX du fichier Excel des recensements de Panazol en 1911 et 1921, en ligne sur le site La Grande Guerre et le Limousin.

Note (11) : l’article Les Recensements à Panazol en 1911 et 1921, en ligne sur le site La Grande Guerre et le Limousin depuis le 12 juin 2016, comporte une carte Google des villages et hameaux de Panazol, deux applications ludiques pour classer et mémoriser les villages et hameaux.

 

2. Les 70 victimes de la Grande Guerre de Panazol (1914-1922)

Dans le cadre des commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale, j’ai été amené à travailler sur les militaires Morts pour la France de Haute-Vienne, mais également sur ceux des communes de Tulle, Guéret et Limoges, en traitant à chaque fois le sujet sous un angle statistique et cartographique. C’est cette approche que je vais vous résumer maintenant sur notre commune de Panazol afin de mieux connaître nos concitoyens morts lors de ce conflit (12).

(►diapositive 22)L’étude part de la liste des 60 noms de « Victimes de la Guerre » qui figurent sur le monument aux morts édifié à Panazol en 1922. Il faut retenir que l’expression de « Victimes » inscrite sur le monument est typique d’une approche pacifiste caractéristique des communes dirigées à l’époque par des socialistes (13). L’identification exacte des morts n’a pas été simple car on ne dispose que de l’initiale du prénom et il n’existe pas de dossier sur l’édification du monument dans les archives de la commune. En recoupant les fiches du site Mémoire des hommes du ministère de la Défense et les registres matricules des Archives Départementales de la Haute-Vienne, on peut distinguer 52 Morts pour la France et 8 autres morts qui n’ont pas obtenu cette mention. Pour arriver au total de 70 victimes, j’ai également rajouté 10 noms qui ne figurent pas sur le monument mais qui sont inscrits dans le livre d’or des Morts pour le France de la commune de Panazol, document élaboré dans toutes les communes de France au cours des années 1929-1930.

 

Le portrait statistique des 70 victimes permet de cerner leur identité civile et militaire.

L’identité civile des 70 victimes de la Grande Guerre

Comme dans l’étude des recensements de population, on observe une grande diversité de patronymes : les 70 victimes sont identifiées par 62 noms différents. On retrouve dans la liste des victimes le patronyme le plus fréquent de la commune en 1911-1921 avec 4 Faucher (des homonymes sans liens de parenté). On trouve également quatre noms qui figurent deux fois : Boutet, Delaurent, Delage, Denanot (des frères dans les deux premiers cas) et des noms courants en Haute-Vienne comme Boyer, Dupuy, Faure, Faye, Roche et Thomas (14). On note également la présence de patronymes typiquement de Haute-Vienne comme Auzemery, Bouchareychas, Dadat, Didius, Guyonnaud, Lanourrice (15).

(►diapositive 23) Ces observations se recoupent avec le fait que les victimes ont toutes des origines locales liées à la Haute-Vienne et ponctuellement aux départements limitrophes : 34% des victimes sont nées à Panazol, 27% sont nées dans les trois communes limitrophes de Limoges, Feytiat et Saint-Just ; 34% sont nés dans 20 autres communes de Haute-Vienne situées le plus souvent au Sud du département, et 4% sont nés dans 3 communes de Corrèze (Objat) et de Dordogne (Lanouaille, Miallet).

(►diapositive 24) Du côté des prénoms, on retrouve la tendance à une forte concentration, car sur un total de 19 prénoms différents, les 4 prénoms Pierre, Jean, Léonard et François rassemblent 59% des victimes. Le modèle du prénom unique reste dominant (83% des victimes), seulement 9 victimes ont deux prénoms, 2 victimes ont 3 prénoms et 1 victime compte 4 prénoms inscrits à l’état civil. Dans la liste des 19 prénoms, on peut en retenir 4 relativement rares : Élie (prénom d’origine hébraïque), Léger (évêque d’Autun au VIIe siècle, il existe de nombreux Saint-Léger en France, dont un dans les Monts d’Ambazac), Mathurin (prénom d’origine latine) et Moreil (il existe un Saint-Moreil en Creuse, version locale de Saint-Maurille, évêque d’Angers au Ve siècle). On retiendra également que l’initiale inscrite sur le monument aux morts est souvent celle du prénom d’usage et que ce n’est pas nécessairement le premier prénom de l’état civil.

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Note (12) : L’article « Ressources sur les victimes de la Grande Guerre de Panazol » publié sur le site La Grande Guerre et Le Limousin, le 29 mai 2016, donne accès à un ensemble de 7 ressources pédagogiques : texte sur les sources de la liste des victimes ; texte, diaporama et tableaux du portait statistique ; carte des lieux de décès, fiches individuelles des victimes, frise des familles des victimes.

Note (13) : « L’expression « Victimes de la Guerre » apparaît ainsi fréquemment et exclusivement dans des communes administrées par les socialistes SFIO en Haute-Vienne, c’est le cas outre Nantiat, à Saint-Sylvestre, Nedde, Peyrat-le-Château, Panazol, Cheissoux et Saint-Julien-le-Petit. ». Extrait p. 412 de l’ouvrage Le Limousin, pays et identités : enquêtes d’histoire, de l’antiquité au XXIe siècle. Sous la direction de Jean Tricard, Philippe Grandcouing, Robert Chanaud, Pulim, 2006.

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Note (14) : Article « Patronymes et toponymes courants en Limousin », Insee Limousin 2007.

Note (15) : Part des naissances en Haute-Vienne du patronyme dans l’ensemble des naissances du patronyme en France de 67% à 100% sur la période 1891-1915.

(►diapositive 25) Pour cerner le milieu familial d’origine des victimes (16), j’ai comptabilisé à partir des registres de l’état civil le nombre de frères et sœurs. Les 2/3 des victimes vivaient dans leur enfance dans des familles de 3 enfants et plus, alors qu’aujourd’hui 85% des familles avec enfants de Panazol en compte seulement un ou deux. Avec une moyenne de 4,8 enfants par famille, ces générations nées dans les années 1870-1890 traduisent une situation de natalité élevée. Sur un ensemble de 66 familles, on observe 6 familles recomposées suite à un remariage, et pas de familles monoparentales inscrites durablement dans le temps.

(►diapositive 26) Le lieu de résidence au décès permet de mieux identifier géographiquement les victimes. 90% des victimes sont domiciliées à Panazol au moment de leur décès, les 10% restants sont domiciliés dans des communes limitrophes (Limoges, Saint-Just) ou dans la région parisienne (Paris, Saint-Maur-des-Fossés). Au niveau de Panazol, on retrouve la dispersion de l’habitat car les victimes se répartissent dans 29 lieux différents, mais le bourg, Fargeas, La Croix Finor, Les Vignes et Morpiénas rassemblent près de la moitié des victimes.

Trois autres indicateurs permettent de cerner les statuts sociaux des victimes : le statut familial, le degré d’instruction et la profession.

(►diapositive 27) Les 2/3 des victimes étaient célibataires, car les générations les plus mobilisées lors de la Grande Guerre ont un peu plus de 20 ans et l’âge au premier mariage est de plus de 25 ans.  Pour le 1/3 des victimes mariées, la Grande Guerre a laissé de jeunes veuves et des orphelins.

Le degré d’instruction et la profession ont été mesurés lors de leur passage au centre de recrutement militaire, à l’âge de 20 ans.

(►diapositive 27) Suite à l’école obligatoire, gratuite et laïque mise en place par les lois Jules Ferry en 1882, 88% des victimes possédaient une instruction primaire, mais il y avait encore 9% qui ne savaient pas écrire et à l’autre extrémité seulement 1 cas ayant fait des études supérieures. Ce niveau scolaire reflète la situation d’une commune rurale comme Panazol au début du XXème siècle, elle est très éloignée de la tendance à la poursuite d’études longues que l’on connaît aujourd’hui.

(►diapositive 28) Cela se retrouve également au niveau de la structure professionnelle : 67% des emplois des victimes appartenaient à l’agriculture, 24% à l’artisanat et l’industrie, et seulement 7% aux services. À titre de comparaison, d’après les données de l’INSEE, il y avait à Panazol au recensement de population de 2012, 1% d’emplois dans l’agriculture, 11% dans l’industrie et 88% dans les services. En un siècle, l’emploi s’est effondré dans l’agriculture, a décliné dans l’industrie, et s’est massivement développé dans le tertiaire.

Trois indicateurs tirés des registres matricules permettent de préciser des caractéristiques physiques : la taille, la couleur des cheveux et la couleur des yeux. Il faut retenir que les victimes étaient de petite taille relativement aux générations actuelles : elles mesuraient en moyenne 1, 65 m. (1,51 m. pour la plus petite et 1,76 m pour la plus grande), alors qu’en 2001 la taille moyenne des hommes de 20 à 29 ans était de 1,77 m. De façon plus anecdotique, les données montrent que 70% des victimes avaient des cheveux châtains et que 60% avaient des yeux qualifiés de gris…

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Note (16) : Dans une perspective généalogique, un arbre consacré aux 70 Victimes de la Grande Guerre de Panazol comportant 835 individus a été créé sur le site Geneanet (http://gw.geneanet.org/87350fessemaz), parallèlement l’indexation des soldats inscrits sur le monument aux morts a été effectué dans la rubrique du site « Nos ancêtres dans la Grande Guerre ».  Sur le site La Grande Guerre et le Limousin, on peut également consulter le fichier-ressource qui présente la frise chronologique des familles aux recensements de 1901, 1906, 1911 et 1921.

L’identité militaire des 70 victimes de la Grande Guerre

Cinq indicateurs tirés des registres matricules permettent de caractériser le statut militaire des victimes : la classe de recrutement, l’arme d’affectation, le régiment d’appartenance, le grade, la durée de campagne.

(►diapositive 29) La classe de recrutement se calcule en ajoutant 20 ans à l’année de naissance : c’est la classe 1913 (née en 1893) qui est la plus frappée avec 9 victimes car elle a été massivement mobilisée et a fait toute la durée de la guerre ; la plupart des victimes appartiennent aux classes allant de 1900 à 1914 ; on ne compte que 5 victimes pour quelques classes entre 1892 et 1899 (les plus de 35 ans mobilisés dans l’armée territoriale) et 6 victimes dans les classes 1915 à 1918 (les plus jeunes mobilisés au cours de la guerre).

(►diapositive 30) Au niveau de l’arme d’affectation, l’infanterie domine avec 59 victimes (84%). Les 11 autres victimes se répartissent dans l’artillerie (7%), la cavalerie (3%), le train des équipages (3%), le génie (1,5%), la marine (1,5%).

(►diapositive 30) Parmi les 70 victimes, on compte 59 hommes de troupe, soit 84 % du total. On distingue ensuite 4 petits gradés (caporaux et un quartier-maître) et 6 sous-officiers (sergents et un maréchal des logis), soit un ensemble de 14%. On ne trouve qu’un seul officier occupant le grade de sous-lieutenant.

(►diapositive 31) Les 70 victimes se répartissent dans 56 régiments, principalement des régiments d’infanterie casernés dans le Sud-Ouest de la France : dans la 12ème région militaire de Limoges (21 victimes) ou dans la 17ème région militaire de Toulouse (20 victimes).

(►diapositive 32) La durée de campagne est calculée en faisant la différence entre la date de mobilisation et la date de décès de la victime. Pour les 70 victimes, la durée moyenne de campagne est de 526 jours, soit 17,5 mois, mais elle n’est pas très significative tant les situations sont diverses. On peut retenir que 73% des victimes ont une durée de campagne de moins de 2 ans, ce qui s’explique par le grand nombre de décès dans les deux premières années de la Grande Guerre. Aux deux extrêmes, on trouve 15 victimes avec moins de deux mois de campagne, soit 21 % du total et à l’opposé on 7 victimes ayant plus de 48 mois de campagne, soit 10% du total.

 

 

La carte des lieux de décès, genres de mort, batailles associées

Une carte Google en ligne sur le site La Grande Guerre et le Limousin permet de visualiser les lieux de décès des victimes et de les replacer dans le déroulement de la Grande Guerre.

(►diapositive 33) Un premier calque présente les lieux de décès dans l’ordre alphabétique des 60 noms du monument aux morts, puis des 10 noms non inscrits. Les icônes associés à chaque lieu se distinguent par la couleur variable selon les années de décès (de 1914 à 1922) et par la forme variable selon le genre de mort (par exemple une étoile signifie « tué à l’ennemi »). (►diapositive 34) Sur cet indicateur du genre de mort, il faut retenir que les 2/3 des victimes sont décédées directement au combat (56% de « tués à l’ennemi » et 10% de « disparus ») et que le 1/3 restant est décédé de blessures ou de maladies dans des ambulances à proximité du front, dans des hôpitaux de l’arrière et parfois à domicile.

(►diapositive 33) Un second calque permet de visualiser les départements de décès des victimes. Les dix départements français de la ligne de front (en rouge foncé) rassemblent 79% des victimes, avec en particulier les trois départements de la Marne, de la Meuse et du Pas-de-Calais qui en totalisent plus de la moitié. Six départements de l’arrière comptabilisent 16% des victimes, avec en particulier la Haute-Vienne, département d’origine. En dehors de la France, on recense 4 victimes dans deux provinces belges : l’Ardenne et la Flandre occidentale. Dans le cas de la commune de Panazol, il n’y a pas de victimes sur d’autres fronts comme les Balkans et l’Italie.

(►diapositive 35) Un troisième calque présente en 27 étapes, les batailles auxquelles ont été associées les victimes. C’est par ce parcours que l’on rattache les décès de nos concitoyens à l’Histoire de la Grande Guerre (17). Les premières victimes sont tombées lors de bataille des frontières dans l’Ardenne belge le 22 août 1914, et la dernière lors de combats sur l’Oise le 24 octobre 1918.

(►diapositive 36) Chronologiquement, les mois d’août 1914 avec la bataille des frontières (8 victimes) et septembre 1914 avec la fixation du front (6 victimes) sont les plus meurtriers de la guerre. L’année 1915, est la plus meurtrière (21 victimes ; 30%), en particulier au moment des grandes offensives en Artois et en Champagne. Au total, les deux premières années du conflit rassemblent plus de la moitié des victimes. L’année 1916 est marquée par les dix mois de la bataille de Verdun, mais on compte deux fois moins de victimes qu’en 1915 (11 victimes ; 16%). L’année 1917 est la moins meurtrière (7 victimes ; 10%), à l’exception du mois d’avril marqué par l’échec de l’offensive Nivelle. L’année 1918 compte un peu plus de victimes que 1917 (9 victimes ; 13%), en particulier à la suite de Seconde bataille de la Marne et de l’offensive finale des Alliés.

On compte également 5 victimes (7%) décédées de 1919 à 1922, donc après l’Armistice du 11 novembre 1918. Il s’agit de soldats réformés par l’Armée et qui sont morts par la suite de maladie, ou de soldats démobilisés morts des séquelles de la Grande Guerre avant l’inauguration du monument aux morts à l’été 1922.

Les fiches individuelles des 70 victimes

(►diapositive 37) Pour aller plus en détail dans le parcours de chaque militaire, les fiches individuelles (18) présentent les décès des 70 victimes dans l’ordre chronologique, du 22 août 1914 au 29 avril 1922. Pour chaque victime, on dispose des reproductions de sa fiche matricule qui retrace sa carrière militaire, de sa fiche de Mort pour la France (pour 62 victimes), d’extraits des Historiques et des Journaux des Marches et Opérations (JMO) des régiments. La lecture de ces récits régimentaires permet de s’imprégner du contexte dans lequel les victimes ont vécu leurs derniers jours.

 

Conclusion : une mémoire tournée vers l’avenir

L’approche statistique et cartographique n’épuise pas le sujet, mais elle permet d’en donner une vision relativement objective, synthétique et concrète. Se souvenir de ceux qui ont vécu il y a un siècle, et en particulier de ceux qui sont morts lors de la Grande Guerre, cela permet de donner un sens au présent, de renforcer la conscience citoyenne afin de construire un futur fondé sur le progrès, la paix et la fraternité entre les peuples…

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Note (17) : Pour plus de détails, consulter les tableaux 11 et 12 sur le classement des 70 victimes selon les dates de décès.

http://14-18.crdp-limousin.fr/wp-content/uploads/2016/03/70-victimes-tableau-des-dates-de-d%C3%A9c%C3%A8s.png

Note (18) : Les fiches individuelles des 70 victimes sont rassemblées dans un fichier pdf de 270 pages en ligne à l’adresse suivante :

http://14-18.crdp-limousin.fr/wp-content/uploads/2016/11/Panazol-fiches-individuelles-des-70-victimes.pdf

 

Pour aller plus loin

(►diapositive 38) Pour disposer d’informations plus approfondies sur les recensements de 1911 et de 1921 de la commune de Panazol et sur les 70 victimes de la Grande Guerre, consultez les ressources (textes, tableaux, graphiques, cartes, questionnaire et applications ludiques) en ligne sur le site La Grande Guerre et le Limousin.

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