La Grande Guerre a tué dans tous les milieux sociaux

Cet article* propose deux illustrations tirées de la liste des 3003 Morts pour la France de Limoges : Firmin Tarneaud (1894-1914), engagé volontaire et fils de banquier ; Henri Dumont (1882-1918), syndicaliste et fils d’ouvrier.

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* Il n’est présenté ici que des extraits de l’article paru en intégralité dans la revue D’Onte ses ? du Cercle de Généalogie et d’Histoire des Marchois et Limousins (CGHML), n°14, automne-hiver 2016.

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Ressources sur les Morts pour la France de Limoges

À l’occasion des commémorations du centenaire de la Grande Guerre, le Canopé de l’académie de Limoges met à votre disposition cinq ressources pour mieux connaitre les 3003 Morts pour la France de Limoges.

En introduction à ces cinq ressources, le texte sur la liste des 3003 Morts pour la France de Limoges présente l’origine du projet, les sources utilisées pour élaborer la liste, la composition  de la liste et les résultats de la recherche, les apports et les limites de la liste.

Schéma des cinq ressources

Schéma des 5 ressources de MPF de Limoges

Les cinq ressources se composent d’un portrait statistique, d’une carte interactive et de deux questionnaires pédagogiques.

Le portrait statistique des Morts pour la France de Limoges se décline sous deux formes : un texte de 28 pages présente de façon détaillée les douze indicateurs analysés (nom, prénoms, lieu de naissance, date de naissance, date de décès, lieu de décès, lieu de résidence, centre de recrutement, régiment, grade, genre de mort) ; un diaporama de 41 pages présente de façon synthétique les douze indicateurs à travers des graphiques et des cartes.

La carte des Morts pour la France de Limoges comporte neuf calques : les six premiers calques permettent de visualiser les lieux de décès par année (de 1914 à 1919), le septième calque présente l’ensemble des 1087 lieux de décès, le huitième calque présente les batailles et opérations associées aux Morts pour la France de Limoges en 44 étapes, le neuvième calque propose de suivre le parcours du 63e régiment d’infanterie de Limoges pendant la Grande Guerre (régiment qui comporte le plus de Morts pour la France de Limoges).

Les questionnaires pédagogiques comportent 20 questions à choix multiples, avec des explication à la fois pour les réponses justes et les réponses fausses. Le questionnaire sur le portrait statistique permet de revisiter les principaux résultats des douze indicateurs statistiques. Le questionnaire sur la carte porte sur principaux lieux ou événements associés aux neuf calques.

2615 Morts pour la France de Haute-Vienne en 1916

Il y a exactement 100 ans, le 1er juillet 1916, commençait la bataille de la Somme. Au sein des armées françaises, les soldats de Haute-Vienne participent à cette bataille et sont aussi engagés depuis le 21 février 1916 dans la bataille de Verdun.

L’année des batailles

Après l’échec des grandes offensives de 1915 en Artois et en Champagne, les Français et les Britanniques décident de poursuivre leurs efforts en 1916 en attaquant le long de la Somme, mais ces plans alliés ne tiennent pas compte des intentions des Allemands qui pensant avoir vaincu les Russes, mettent au point une vaste offensive sur la forteresse de Verdun. Le début de l’opération allemande baptisée Gericht (Jugement) est prévu pour le 10 février, mais le mauvais temps le retarde au 21 février. La Ve armée du Kronprinz entre en action sur un font de treize kilomètres, appuyée par une énorme concentration d’artillerie qui est censée écraser préalablement les défenses françaises. Le fort de Douaumont tombe sans résistance le 25 février. L’offensive allemande s’élargie à la rive ouest de la Meuse, la crête du Mort-Homme est conquise le 8 mai, le fort de Vaux tombe le 7 juin. Le point culminant de l’offensive est atteint le 23 juin, mais dans un ultime effort les Allemands sont arrêtés devant le fort de Souville le 11 juillet. Le plan du général Falkenhayn a échoué, et il est remplacé en août à la tête de l’armée allemande par le maréchal Hindenburg. La bataille de Verdun va encore durer cinq mois,  et du mois d’octobre au 19 décembre qui en marque la fin, les Français vont reprendre l’essentiel du terrain perdu.

L’autre grande bataille de l’année 1916 est celle de la Somme, et elle concerne surtout les Britanniques. Elle s’ouvre le 1er juillet par un véritable massacre qui se solde par 20 000 morts et 40 000 blessés, les pertes les plus lourdes de toute l’histoire militaire britannique (1). Par la suite, l’utilisation en septembre de la nouvelle arme que représente le char d’assaut, évite un enlisement complet de l’offensive alliée. Cependant quand l’offensive s’arrête le 18 novembre, les Alliés ont perdu (morts, disparus, blessés) plus de 600 000 hommes pour une avancée territoriale d’à peine onze kilomètres…

(1) John Keegan, La Première Guerre mondiale.Éditions Perrin, 2013, page 365.

Malgré l’ampleur des pertes des deux grandes batailles de Verdun et de la Somme, les 2615 des Morts pour la France de Haute-Vienne en 1916 représentent un bilan annuel inférieur de 22% à celui des 3349 Morts de 1915.

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3349 Morts pour la France de Haute-Vienne en 1915

Après le choc des cinq premiers mois de la Grande Guerre qui se traduit par un  total de 3712 Morts pour la France de Haute-Vienne en 1914, les douze mois de combats de l’année 1915 entraînent encore 3349 Morts supplémentaires.

L’usure de l’ennemi ou de l’armée française ?

Avec l’épuisement de la guerre de mouvement et le passage à la guerre des tranchées, l’année 1915 est une “impasse” (1) car le front se fige sur  750 kilomètres, de la mer du Nord en Belgique à la frontière suisse. Depuis octobre 1914, dix départements français (2) qui contiennent l’essentiel de l’industrie et des mines de charbon et de fer du pays, sont occupés partiellement ou totalement par les armées allemandes, qui s’installent dans la défensive. Durant l’année 1915, des troupes allemandes sont transférées d’Ouest en Est pour soutenir l’allié autrichien, et dans l’espoir d’en finir avec la Russie. Dans ce contexte, le général Joffre, commandant en chef des armées françaises, auréolé de la victoire de la Marne en septembre 1914, met en place une stratégie d'”usure” qui consiste à harceler l’ennemi par de fréquentes opérations locales. Il organise également de grandes offensives en Artois et en Champagne, en promettant à chaque fois une “percée” qui ne se concrétise jamais. Le bilan humain de cette stratégie française est terrible : ” En 1915, 370 000 soldats français sont morts au champ d’honneur, 31 000 par mois, et tout cela pour un gain de 4 km en Artois et de 5 km en Champagne. (…). L’objectivité commande de constater que la tactique employée durant cette année sanglante, la plus meurtrière après le choc de 1914, n’a conduit qu’à de grands massacres inutiles.” (3) A cette comptabilité macabre, il faudrait encore ajouter des milliers de blessés et d’estropiés…

(1) Titre du chapitre de 6 du livre de l’historien John Keegan, La Première Guerre mondiale. Éditions Perrin, 2013, page 219.

(2) Nord, Pas-de-Calais, Somme, Oise, Aisne, Ardennes, Marne, Meuse, Meurthe-et-Moselle, Vosges.

(3) 1915, l’Enlisement. Jean-Yves Le Naour. Éditions Perrin, 2013, pages 50-51.

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443 Morts pour la France originaires de Haute-Vienne en décembre 1914

Une hausse de plus de 60% des décès de Hauts-Viennois de novembre à décembre 1914, avec une concentration des morts en fin de mois.

En passant de 274 Morts pour la France nés en Haute-Vienne en novembre 1914, à 443 Morts pour la France en décembre 1914, l’augmentation est de 61,7%. Certes on ne retrouve pas les niveaux de pertes faramineux des deux premiers mois de la guerre (1332 morts en août et 1310 morts en septembre), mais les chiffres traduisent une reprise de l’intensité des combats. En moyenne les pertes s’élèvent en décembre 1 914 à 14 morts par jour contre une moyenne de 9 morts en novembre. Les vingt premiers jours du mois sont en dessous de la moyenne, sauf le 14 décembre avec 16 morts. Par contre le dernier tiers du mois est nettement plus meurtrier, le 20 décembre compte 46 morts et le maximum du mois est atteint le 21 décembre avec 89 morts. En ce qui concerne les soldats de Haute-Vienne, la trêve de Noël n’existe pas aux endroits du front où ils se trouvaient car on compte 30 morts ce jour de fête.

Derrière ces dates on trouve l’offensive de la première bataille de Champagne, qui commence le 20 décembre 1914 et va se prolonger jusqu’au 17 mars 1915*.

* La Première Guerre mondiale, John Keegan, collection Tempus des Éditions Perrin, 2005. Chapitre 6 L’impasse, p.227.

MPLF HV déc 1914 par jour

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