Les Morts pour la France de Haute-Vienne

14058 Morts pour la France de Haute-Vienne pendant la Grande Guerre (1914-1919)

La base statistique des Morts pour la France de Haute-Vienne a été constituée en juillet 2014 à partir du traitement des fiches individuelles de la base du site Mémoire des hommes.Le critère retenu a été celui du département de naissance.

Les Morts pour la France de Haute-Vienne en 12 graphiques

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Les cinq fusillés de Limoges

Fusillés pour l’exemple

Les cinq fusillés de Limoges désignent des soldats nés à Limoges et “fusillés pour l’exemple” suite à des condamnations à mort prononcées par des Conseils de guerre en 1915 et 1916, pendant la Grande Guerre. Il s’agit de Jean Faucher, Charles Francis Fournerie, Nicolas Leboutet, Pierre Tranchant, et Antoine Voisin.  Conformément à la décision du conseil municipal de la ville de Limoges du 13 décembre 2016, les noms des fusillés figureront sur la stèle entourant le monument aux morts de la place Jourdan inaugurée le 11 novembre 2018 et où seront également gravés les 3005 noms des Morts pour la France nés ou domiciliés à Limoges au moment de leur décès. Il faudrait parler des “quatre plus un” car le cas du soldat Antoine Voisin comporte une part de mystère : sur le site Mémoire des hommes du Ministère de la défense, il figure dans la base des fusillés de la Première Guerre mondiale (1), mais il figure aussi dans la base des Morts pour la France de la Première Guerre mondiale, sans avoir été réhabilité par un procès pendant l’entre-deux-guerres… En conséquence Antoine Voisin s’est retrouvé dans la liste des 3005 Morts pour la France de Limoges et la Libre Pensée qui milite pour la réhabilitation de tous les fusillés et la presse locale n’évoquent que quatre fusillés pour l’exemple.

Cet article se propose de présenter pour chaque fusillé des indications biographiques tirées des actes d’état civil en ligne auprès des Archives départementales de la Haute-Vienne et de résumer les informations contenues dans les archives des conseils de guerre conservées au Service historique de la Défense et composées des minutes de jugement et des dossiers de procédure (2).

(1) Le corpus des fusillés documentés ne comporte pas que des “fusillés pour l’exemple”, mais aussi des fusillés condamnés pour crimes ou délits de “droit commun”  ou pour espionnage, des fusillés sans jugement et des exécutés sommairement. Sur 1009 fusillés recensés on compte 640 “fusillés pour l’exemple”. Pour plus de détails sur la Base des fusillés consultez le site Mémoire des Hommes : http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/article.php?larub=211&titre=fusilles-de-la-premiere-guerre-mondiale

(2) Les archives des conseils de guerre : “Dossiers de procédure et minutes de jugement constituent le reflet le plus direct de l’activité des conseils de guerre. Une même minute ou un même dossier peuvent concerner plusieurs fusillés ou plusieurs accusés jugés lors d’une même séance du tribunal. Les minutes présentent un aperçu sommaire des affaires jugées : elles ne contiennent en effet que l’état civil du prévenu, l’acte d’accusation, les attendus du jugement et la sentence du tribunal. Le dossier de procédure est la source la plus complète, dans la mesure où il comprend l’ensemble des documents ayant servi à l’instruction.” Site Mémoire des hommes.

Comment fonctionnait la justice militaire pendant la Première Guerre mondiale

“Un bon moyen de connaître ce fonctionnement en détail est de consulter mon livre Fusillés pour l’exemple, 1914-1915, car j’y consacre de longs développements. Pour résumer, la justice militaire s’appuyait sur un code adopté en 1857 sous Napoléon III, durci pour le temps de guerre par une loi du 18 mai 1875. Le souci étant que la manifestation de le justice n’entrave pas la bonne marche des opérations militaires et pour ce faire l’instruction était des plus rapides et le jury réduit à cinq personnes. Un officier remplissait les deux fonctions de juge d’instruction et de commissaire du gouvernement. L’appel à jugement était possible mais, en temps de guerre, pouvait être suspendu sur décision du président de la République. Ce qui fut le cas dès le début du conflit. De même, le président accepta de ne pas être consulté avant exécution si les circonstances l’imposaient, le recours à la grâce présidentielle devant , suivant l’instruction qui l’annonçait, “constituer l’exception”. Seul le général qui avait provoqué la mise en jugement pouvait suspendre l’exécution.” Extrait de l’article : Fusillés pour l’exemple ? Entretien avec André Bach, publié le 6 juin 2017 sur le site de la Mission du Centenaire.

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Les derniers jours des soldats de Panazol

Conférence à la médiathèque de Panazol le samedi 10 novembre 2018 à 16h30

il s’agit de parcourir chronologiquement et géographiquement les derniers instants des 70 victimes en s’appuyant sur les renseignements tirés des fiches de Morts pour la France, des registres matricules des soldats, des JMO et historiques des régiments.

Le texte et le diaporama de la conférence seront mis en ligne à la suite de son déroulement

Cinq portraits de soldats de Panazol

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2591 Morts pour la France de Haute-Vienne en 1918

1918, l’année de la Victoire

Le traité de BrestLitovsk signé le 3 mars 1918 entre les gouvernements des Empires centraux et la République bolchevique, issue de la révolution russe, met fin aux combats sur le front de l’Est. Il permet de rapatrier sur le front de l’Ouest les divisions allemandes les plus performantes et de recréer une situation stratégique de supériorité numérique contre les armées françaises et britanniques. Il faut cependant agir vite avant que l’intervention des troupes américaines ne renversent l’équilibre des forces. Ludendorff propose une attaque près de Saint-Quentin pour percer le front de la Somme et avec comme but final de “battre les britanniques”. L’opération connue sous le nom de code “Michael” commence le 21 mars. Les troupes allemandes réussissent une percée et trois jours après le début de l’offensive, la menace d’une séparation des armées britanniques et françaises entraîne une crise interalliée. Dans l’urgence de la situation, il est décidé de nommer Foch comme général en chef des Alliés afin de mieux coordonner les actions des deux armées. L’offensive allemande est en échec à partir du 5 avril, elle bute devant Amiens et elle est arrêtée dans la région de Montdidier. Lundendorff riposte le 9 avril en lançant l’opération “Georgette” contre les Britanniques dans les Flandres. Elle vise à conquérir Ypres et à atteindre les côtes de la Manche. Cette seconde offensive allemande se traduit par le conquête du mont Kemmel le 25 avril, et se termine par celle du mont Scherpenberg le 29 avril, sans apporter le décision espérée. Lundendorff réoriente alors son effort contre les Français. Cette troisième offensive lancée le 27 mai à partir du Chemin des Dames, menace Paris situé à 120 kilomètres bombardé par un canon à longue portée appelé “grosse Bertha”. L’engagement des marines, corps d’élite de l’armée américaine, permet de renverser la situation à l’ouest de Château-Thierry le 6 juin. Ludendorff lance une quatrième offensive sur le Matz le 9 juin, mais elle est rapidement brisée le 14 juin par les Français assistés des Américains. Les troupes allemandes s’épuisent avec l’accumulation des pertes et avec le début de l’épidémie de “grippe espagnole” qui frappe des soldats moins résistants car moins bien nourris. Le 15 juillet, Ludendorff lance toutes  ses forces dans une cinquième offensive : lors de cette seconde bataille de la Marne, les troupes allemandes progressent pendant trois jours, mais dès le 18 juillet elles subissent un contre-offensive de la part des Français soutenus par cinq puissantes divisions américaines. C’est le tournant de la Grande Guerre, l’implication massive des troupes américaines et la supériorité écrasante dans le domaine de l’arme blindée vont permettre de mener les troupes allées à la Victoire finale. Une percée à l’aide des chars est réalisée le 8 août devant Amiens, “jour noir de l’armée allemande”.  Au cours du mois de septembre, les Allemands se replient vers leur ultime ligne de résistance, la Ligne Hindenburg. Au mois d’octobre les armées allemandes sont au bord de l’effondrement, mais les combats meurtriers se poursuivent jusqu’à la signature de l’Armistice le 11 novembre 1918.

Les dates de décès

Après la baisse des Morts pour la France de Haute-Vienne enregistrée en 1917, on observe en 1918 un niveau plus élevé avec 2591 décès, ce qui est comparable à l’année 1916 mais représente un proportion de 70% par rapport au sommet des 3711 décès des cinq mois de l’année 1914. Mensuellement,les deux premiers mois de l’année sont les moins meurtriers de la Grande Guerre. Par la suite on note une augmentation des Morts lors de cinq offensives allemandes : on passe de 129 Morts en mars lors de l’offensive Michael qui frappe relativement plus les troupes britanniques, à 342 Morts en juillet lors du tournant de la seconde bataille de la Marne. Le dernier mois complet de combats en octobre est particulièrement meurtrier pour les soldats de Haute-Vienne avec 545 Morts : c’est le quatrième mois le plus meurtrier des 52 mois de la Grande Guerre, après ceux d’août-septembre 1914 et celui de septembre 1915.

 

 

Les lieux de décès

Au premier semestre de l’année 1918, quatre départements (Aisne, Oise, Marne, Somme) concentrent 64,1% des Morts, en liaison avec les quatre premières offensives allemandes. À l’étranger, on relève 60 Morts en Belgique, en particulier à Locre (23 Morts) lors de la bataille des Monts de Flandres.

Au second semestre 1918, les pertes sont un peu plus dispersées : les quatre premiers départements rassemblent 56,3% avec en particulier les combats qui se déroulent dans l’Aisne et dans la Marne, et dans une moindre mesure dans l’Oise et dans les Ardennes. Le 15 juillet 1918, premier jour de la seconde bataille de la Marne est le plus meurtrier de l’année avec 50 Morts. Les 28-30 juillet 1918 enregistrent 26 Morts à Fère-en-Tardenois dans l’Aisne, ce qui en fait le lieu de combat le plus meurtrier de l’année. Le total dans les pays étrangers rassemble 14% des Morts au second semestre contre 11,2% au premier trimestre : cette progression s’explique en particulier par la forte hausse des décès de prisonniers en Allemagne (59 Morts contre 10), et par celle des Morts sur le front italien (53 Morts contre 18). Il y a aussi 77 Morts sur le front d’Orient (Albanie, Bulgarie, Grèce, Macédoine, Serbie), plus souvent décédés de maladies que de combats.

Sur le graphique des 25 principaux lieux de décès en 1918, on retrouve des lieux de combats (Aisne, Belgique, Marne, Ardennes) déjà signalés et de grandes villes de l’arrière où l’on enregistre dans les hôpitaux des décès causés par des blessures ou des maladies (la “grippe espagnole” en particulier). Limoges occupe la première place avec 70 Morts, viennent ensuite les villes Paris, Châlons-sur-Marne, Vicence (Italie), Beauvais, Châteauroux, Ognon, Compiègne, Épernay et Meaux. Reims est une exception à cette liste car il s’y déroule de violents combats à proximité depuis 1914.

Les régiments de décès

Les pertes restent massivement concentrées sur les régiments d’infanterie, mais tous types rassemblés (chasseurs, coloniaux, active, réserve, territoriale)  le total est moindre que les années précédentes (79,7% contre 84,9% en 1917 et 89,8% en 1916)  car les ressources humaines s’épuisent et on assiste à un usage toujours plus intensif de l’artillerie avec une nouvelle arme comme les chars (8,6% des Morts contre 7,8% en 1917 et 5,2%  en 1916) et de l’aviation (0,8% des Morts contre 0,4% en 1917 et 0,2% en 1916). On observe aussi une progression importante des pertes dans la cavalerie (3,4% contre 1,8% en 1917 et 0,7% en 1916) et dans le génie (3,8% contre 2,6% en 1917 et 2,0% en 1916).

► Pour consulter le détail des statistiques de l’article et des graphiques, téléchargez  le document Excel 1918 MPF HV