« Nos familles dans la Grande Guerre »

 

Un site animé par le lycée Bernard Palissy de Saint-Léonard-de-Noblat

 

Cette exposition virtuelle, « Nos familles dans la Grande Guerre » est le reflet – provisoire – d’un travail commencé durant l’année scolaire 2013-2014 dans le cadre du cours d’histoire des classes de première du lycée Bernard Palissy de Saint-Léonard-de-Noblat.

A l’occasion de la collecte initiée par la Mission du Centenaire, les élèves de 1ere ES ont été sollicités pour apporter leur contribution à ce projet. Mais rapidement, pour conforter leur motivation, l’idée d’une exposition de leurs recherches s’est imposée. Plusieurs autres activités conduites en classe pendant le traitement de la question « la guerre au XXe siècle » comme l’utilisation du site « Mémoire des hommes » ou celle d’une grille d’étude des monuments aux morts, ont enrichi les perspectives d’une valorisation de leur travail. L’intervention d’un professeur de l’établissement, collectionneur et historien, dans les classes, a fortement contribué aussi à susciter l’intérêt des élèves.

Des objets, des lettres, des revues, des cahiers de soldats …ont été récoltés. par les élèves. Et la collecte a logiquement débouché sur un nécessaire travail d’histoire :
– expertise des objets collectés
– contextualisation et comparaison des documents
– transcription des écrits
– explications des documents
– tri et organisation dans un plan

« Faire de l’histoire » est ainsi devenu le fil conducteur essentiel de ce projet.

Les classes de seconde et de terminale ont également été associées à la collecte ; et le personnel éducatif a ponctuellement apporté sa contribution.

Cette exposition n’est donc pas une approche exhaustive de l’histoire de la guerre de 1914 de 14 ; Elle est le résultat du travail des élèves à la recherche de leur mémoire familiale et de leur travail d’histoire en classe.

Exposition d’élèves, pour les élèves et leurs enseignants qui trouveront ici des documents inédits.

Exposition à enrichir, au fur et à mesure des trouvailles des prochaines années …..

Que soient remerciés tout particulièrement les classes de 1er ES, Terminale ES et 2nde 2 de l’année scolaire 2013-2014 et tous les élèves, parents d’élèves et enseignants qui ont contribué …

Plan de l’exposition

1. Combattre

Texte de présentation
Préparer la guerre
– faire le service militaire
– la mobilisation
Être au front
Contenu : texte court , armements ; Témoignages (de combattants) ; objets etc
Vivre au front
Contenu : texte court, témoignages ,objets
Les liens avec l’arrière
Contenu : texte court, correspondances…
« Morts pour la France »
Contenu : texte court , parcours de soldats…
Ceux qui reviennent
Contenu : texte court
Être prisonnier

 

2. L’arrière

Texte de présentation
• Les civils impliqués
Contenu :
• Les liens avec le front
Contenu :
• Les « journées »
Contenu : assiettes des journées
• Les emprunts
Contenu :

3. Se souvenir

• Les monuments aux morts
Contenu : enquêtes des élèves sur les monuments aux morts en Limousin
• La mémoire dans les familles
Contenu :
• Le tourisme de guerre
Contenu :
L’artisanat des tranchées
Contenu : obus, bague etc…

4. Faire de l’histoire

Étudier un document écrit

Étudier un objet

Étudier une carte postale

Étudier un monument aux morts

• Utiliser le site Mémoire des hommes

Bibliographie
Liens utiles
Filmographie

Armement : l’artillerie

En 1918, lorsque vint l’heure du bilan définitif des pertes humaines, il fallut bien constater que, contrairement à la plupart des prévisions d’avant 14, prés de 80 pour cent des morts et disparus avaient été victimes de l’artillerie (c’est-à-dire de l’ensemble des canons quels que soient leur calibre) ! 1,5 pour cent « seulement » avaient été tués par les gaz et à peine 1 pour cent par les fameuses baïonnettes. La carte postale allégorique vantant les qualités « notre 75 », clé de la victoire, est caractéristique d’un « bourrage de crane » multiforme mais aussi d’un mythe et d’une réalité. Une réalité : léger, mobile, ce canon de campagne est conçu pour soutenir les mouvements de l’infanterie. Il est capable de tirer 8 coups par minute et surtout il est le premier canon sans recul ( des freins hydrauliques évitent d’avoir à « repointer » le canon après chaque tir). Très craint des allemands, il est le meilleur de sa catégorie.
Un mythe : malgré toutes ses qualités les limites de cette arme sont tôt atteintes : sa portée maximale ne dépasse pas 1800 mètres et ne lui permet pas de rivaliser avec les énormes canons de l’artillerie lourde ennemie capable de propulser des projectiles de très gros calibre à plusieurs kilomètres voire, pour certaines pièces , à plusieurs dizaines.

 

Document : carte postale « notre bon génie, le 75 »

Armement artillerie 1

Document : L’artillerie russe en action, carte postale envoyée par le soldat Deschamp, régiment d’artillerie Algérie , depuis bordeaux le 10 octobre 1914.

Armement artillerie 2
« Cher camarade, je suis bien heureux de t’écrire car je pense souvent à toi .Je te dirai que le métier militaire est un sale fourbi surtout où je suis malgré que je suis pas malheureux parce que je fais le fourbi du brigadier et je suis toujours exempt de corvées … »

 

Document : Artillerie de montagne

Armement artillerie 3

 

Document : un obus

Armement artillerie 4

Le service militaire

… « René a passé le conseil de révision aujourd’hui. Bon pour trois ans… »

Service militaire carte postale recto              Service militaire carte postale verso

Document : carte postale d’un conscrit
Au dessus de l’image bucolique du « piou-piou » de 1914 on peut effectivement lire, au verso de la carte postale : « bon pour 3 ans ». En effet, le service militaire universel instauré par la loi de 1905 prévoyait un service obligatoire de 2 ans sous les drapeaux pour tous les jeunes garçons de 20 ans (« la classe » 1891, par exemple, a 20 ans en 1911), reconnus « bon pour le service » au terme du fameux « conseil de révision » chargé d’écarter les jeunes hommes considérés comme inaptes au service des armes (pour défaut de taille : 1m56, malformations diverses etc. ). Pour pallier la faiblesse démographique de la France par rapport à l’Allemagne (véritable obsession de la majorité des militaires de l’époque) et après des débats parlementaires violents, le service fut porté à 3 ans entre 1909 et 1913. C’est l’une des nombreuses manifestations du climat de « paix armée » qui régnait alors en Europe.

L’instruction théorique du soldat

Document : extrait de l’instruction théorique du soldat par lui-même, 1909

 

Instruction théorique 2

Dans cet extrait du chapitre 7 des « devoirs du soldat » on notera combien l’accent est mis sur « le mouvement en avant » qui « seul est décisif », « l’offensive », à la baïonnette bien entendu…C’est l’état d’esprit qui prévaut en France mais aussi dans l’ensemble des états-majors. De façon incompréhensible, on continue à privilégier le choc sur le feu (« la balle ne tue pas » colonel de Grand-Maison) comme un siècle plus tôt. C’est ne pas tenir compte des progrès prodigieux de l’ère industrielle dans tous les domaines y compris celui de l’armement (par exemple les armes à tir automatique comme les mitrailleuses à 600coups par minute). On comprend mieux, dés lors, les hécatombes de l’été 14.

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Armement : l’aviation

Document : « un taube », objet d’artisanat

Armement aviation 1

ce très intéressant objet représente un « taube » (un pigeon en allemand, un avion de reconnaissance) allemand du début de la guerre. Cette maquette est un pur produit de l’artisanat des tranchées , reconnaissable aux matériaux de récupération employés (morceaux de cuivre, de laiton, douilles de munition) et à la simplicité de sa fabrication ; c’est bien l’œuvre d’un soldat.
Il nous rappelle que l’histoire de l’aviation pendant la guerre constitue une épopée en soi : invention récente de l’avant guerre (la plupart des hommes n’en avaient jamais vus) l’avion de 1914 ne sert qu’à l’observation des mouvements de l’ennemi et au renseignement. Au cours des 52 mois du conflit, l’aviation devient une Arme à part entière avec des engins spécialisés : avions de chasse, bombardiers et des As au palmarès sanglant comme le « baron rouge » en Allemagne.