Les permissions

LES PERMISSIONS

Au début d’une guerre que presque tous imaginaient « courte, fraiche et joyeuse »,les permissions (entendons par ce terme le droit de quitter pendant quelques jours ses obligations militaires) n’existaient pas ; elles étaient exclues en temps de guerre. Il n’y en eut donc pas jusqu’au printemps 1915.Mais la guerre durait et l’absence de permission, l’éloignement sans fin de la famille devenaient intolérables. Le 30-6-1915 le général Joffre accorda 8 jours par an , à tour de rôle, aux soldats ; mais le système marchait très mal générant un sentiment d’injustice (seuls 9 pour cent des hommes en avaient profité en 1916) qui s’exprimait dans les lettres et dans la presse pourtant censurée. Cette question devint un débat politique(et la dénatalité, ce mal français ? la séparation prolongée des hommes et des femmes n’allait surement pas le régler…) et fin 16 les permissions réglementaires furent portées à 1 semaine 3 fois par an. Mais là encore les distributions restèrent aléatoires et fluctuantes selon les besoins (pas de permission pendant la bataille de Verdun et la catastrophique offensive Nivelle du printemps 17). Ces dysfonctionnements ne sont pas pour rien dans les mouvements de protestations qui parcoururent de nombreux régiments au cours des mois suivants. Les soldats français se considéraient comme des soldats-citoyens pour lesquels la permission était un droit civique. C’est- ce que comprit bien le général Pétain appelé pour régler la crise : Il humanisa quelque peu la condition du soldat en donnant une réelle efficacité au système de roulement des permissions, en les portant à 10 jours 3 fois par an avec affichage des listes de noms tous les 15 jours. cet horizon court de l’espoir devint un ressort essentiel du moral des hommes, un enjeu symbolique de première importance .

Permissions carte postale 1

 

Permissions carte postale 2

 

Permissions carte postale 3