Les prisonniers

Les prisonniers sont « les oubliés de la Grande Guerre » (Annette Becker). Et pourtant 8 millions d’hommes, dont 500 mille Français en Allemagne (parmi lesquels le lieutenant De Gaulle qui vécut douloureusement cette expérience et essaya vainement de s’évader à plusieurs reprises) connurent ce sort .Ce chiffre énorme était tout simplement inimaginable jusque là ; inimaginable aussi, la durée réelle d’un internement ferme qui dura 5 ans pour certains. Ces « camps de représailles », par leur extension et la durée de l’emprisonnement, constituent une autre des nouveautés radicales de la guerre de 14-18.

Mais les changements par rapport aux guerres du passé ne s’arrêtent pas là : malgré l’action de la Croix Rouge et des pays neutres on observa de multiples violations des conventions d’avant-guerre et du droit international comme le travail forcé, notamment en zone dangereuse. Ce qui s’opère c’est le changement de statut du prisonnier au 20ème siècle dans un processus de « gestion économique des hommes » initié en Allemagne en particulier à partir de 1916 lorsque la pénurie se fit durement sentir. La totalisation de la guerre industrielle est enclenchée : le prisonnier est de moins en moins un homme et de plus en plus un outil au service de l’économie de guerre du pays qui le détient.(voir un chef-d’œuvre de Jean Renoir : « La grande illusion »).

Documents : divers petits objets fabriqués au camp d’Erfurt, une tasse, une plaque de bois gravée

Etre prisonnier

Sur l’extérieur :
– captivité Allemagne Ohrdruf
– à travers la mitraille
– Bataille Bertrix 22 août 1914( ou « à travers la mitraille Bertrix « ? )
– J’ai ( une fleur ) a ma famille ( la fleur est une pensée)
– Sur le fond de la tasse : initiales C et H ( entourées de deux gerbes de blé )
– Sur l’anse : Cancalon ( est ce le surnom de l’utilisateur ?)