Les tranchées

Ce n’est pas par hasard si « Grande guerre » , « 1ére guerre mondiale », « guerre des tranchées » sont pratiquement synonymes dans la mémoire collective

Les tranchées ne constituent pas une nouveauté absolue dans l’art de la guerre : elles étaient connues depuis l’antiquité pour la guerre de siège ; c’est l’extension sur des centaines de kilomètres de ce « modus operandi » érigé en système qui en fait l’originalité. Les tranchées sont filles de l’improvisation qui , contre toutes les prévisions, conduisit les soldats à s’enterrer, dés l’automne 14 ,après l’échec de la guerre de mouvement. Au début il n’y a que des trous de protection individuels, les « trous de renard », que l’on finit par relier pour aboutir aux premières tranchées ; l’impasse tactique qu’elles matérialisent va durer 4 ans. Elles sont la concrétisation de la supériorité de la défense sur l’attaque durant cette période.

Le paysage de ces espaces est bien connu : entre les deux premières lignes s’étend un « no man’s land » garni de barbelés et étroitement surveillé. Derrière la première ligne sont creusées d’autres tranchées (de repli, de repos et premiers soins etc..) reliées entre elles par des boyaux étroits et jamais rectilignes pour limiter les effets dévastateurs des obus. Des abris, plus ou moins élaborés, ponctuent ces couloirs de terre.

La vie y est toujours pénible et souvent épouvantable : à la peur de la mort, à l’ennui et au cafard, s’ajoutent toutes les souffrances inhérentes à ce lieu de vie. Les intempéries, la saleté, la vermine , la fatigue accablent les hommes. transporter, se déplacer devient aléatoire ou ne se fait qu’aux prix des plus douloureux efforts. Le désespoir mène certains à l’automutilation ou au suicide. Les cas de fraternisation sont très rares (Noël 14) ; en revanche, de nombreux cas de trêves, d’accords tacites, pour l’accès à un point d’eau unique par exemple, sont avérés.

Contre toute évidence, l’obsession de la percée continua à hanter les états-majors. Dans ce but furent élaborées des préparations d’artillerie d’une violence inouïe (un million de tonnes d’obus pour le premier jour de l’attaque allemande à Verdun)destinées à désorganiser et à affaiblir la défense adverse, puis des « barrages roulants », rideaux de feu d’artillerie avançant en principe au rythme des attaques d’ infanterie qu’elles précèdent et sont censées protéger. Jamais l’une de ces tentatives gigantesques par les effectifs employés et leur durée de plusieurs mois (Verdun, La Somme, Le Chemin des Dames, par exemple ) n’aboutit au moindre résultat notable en dehors des centaines de milliers de morts qu’elles provoquèrent à chaque fois.

Pour la « génération du feu » l’univers des tranchées fut un enfer ou tous les seuils de violence furent pulvérisés.

 

La tranchée

Document 1 : carte postale, « Image pour mon fils Elie souvenir des tranchées . Voilà comme sont nos tranchées. Les boches sont derrière à dix, quinze, vingt, cinquante, cent mètres, cela dépend des endroits »

Carte postale des tranchées 1

 

Document 2

Photo des tranchées 2

Document 3 : un soldat dans une tranchée allemande
Photographie envoyée par un soldat français, Elie Parisien ( comment s’est -il procuré la photographie ?
Le commentaire au recto de la carte : « regarde ce sale boche »

Un soldat dans une tranchée allemande